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Hommage

Philippe Taburet nous a quittés

18 janvier 2013

L’émotion est grande. Philippe Taburet, le professeur opiniâtre, le collègue jovial, l’ami fidèle s’en est allé. Les témoignages nous arrivent pour le saluer.


Le communiqué du Pôle Innovant Lycéen :

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Philippe Taburet, est décédé mercredi 16 janvier des suites d’une maladie déclarée il y a trois mois. Nous pensons sincèrement à sa famille.
Tous ceux qui l’ont côtoyé, élèves, parents, collègues partenaires associatifs ou institutionnels connaissent la profondeur et la valeur de son implication. C’est bien la sincérité de ses engagements professionnels, politiques et humains qui a fait la force de son action.
Nous retenons sa volonté d’agir ensemble, au présent, pour construire un monde juste, pour tous.
Il a donné, à tout ce qu’il a entrepris, une grande dimension, bien au delà de la simple mise en œuvre de projets, aussi riches furent-ils.
L’équipe du Pôle Innovant Lycéen

L’hommage de Marie-Anne Hugon :

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J’ai connu Philippe Taburet, au PlL dont j’ai accompagné une des équipes pendant plusieurs années. Longtemps, j’ai admiré son énergie, sa créativité, le sens politique avec lequel il arrivait à monter des projets en France et en Afrique, avec de multiples partenaires, projets qui permettaient à des jeunes, cassés par leur passé scolaire, de reprendre pied, de retrouver une image acceptable de soi et des autres et de se construire un avenir personnel. Mais, c’est l’an dernier que j’ai eu l’impression de vraiment le rencontrer lorsque nous avons décidé à trois, Philippe, son collègue et ami Philippe Goémé et moi-même d’écrire ensemble un livre qui serait une synthèse du travail des équipes du PIL. Je garde le souvenir d’un travail en commun réalisé dans la gaité, l’amitié et l’exigence. Philippe tenait à ce que ce livre soit un livre utile aux collègues ; il était très soucieux de produire un écrit honnête, au plus près de la réalité, étayé par des exemples concrets et validés, mais il avait aussi l’ambition d’ouvrir des perspectives. Car Philippe était à la fois un pédagogue, un organisateur, un homme d’action, un militant et un intellectuel. Toutes ces dimensions de sa personnalité se conjuguaient sans difficulté et se déployaient dans sa façon inspirée d’exercer son métier. Liberté rare dans cette période où trop souvent on se retrouve assigné à un rôle, un statut, une fonction. 
Grâce à ce travail en commun, j’ai eu la chance, d’échanger idées, expériences, écrits, références avec un homme passionné par un métier, dont il savait la dimension politique. Nous avons beaucoup travaillé, beaucoup échangé, pas mal ri aussi. A travers la vie professionnelle, on rencontre parfois des gens de bien. Philippe était de ceux-là. C’était quelqu’un de formidable.
Marie-Anne Hugon

L’hommage de Jacques Tenier

Il y a des jours où je déteste Facebook : « Philippe Taburet est décédé ce matin après des mois de maladie ». C’est par ces mots dans un message Facebook de Nelly Steunou que j’ai appris, le mercredi 16 janvier, la disparition de Philippe. Il était de ceux qui m’ont redonné la foi dans le métier d’enseignant.
Il avait déployé une énergie incroyable pour suivre, aider, accompagner plus qu’enseigner auprès de ceux des élèves que tous les autres responsables de l’école avaient abandonnés. Marginaux, exclus, décrocheurs, combien ont pu « s’en sortir » grâce à l’action de Philippe ?

Cette action, il avait trouvé les espaces où la mettre en œuvre : d’abord l’exceptionnelle aventure du LAP [1], dont il a été l’un des animateurs. Puis l’infatigable travailleur qu’il était, doublé d’un pédagogue à la créativité inépuisable, a permis l’émergence de structures innovantes, telles LVPE [2], puis le LSI [3] ; c’est pour cette dernière aventure qu’il a exprimé complètement son immense générosité : en initiant des adolescents décrocheurs aux actions humanitaires et au « développement durable », il pouvait apporter en Afrique un travail solidaire et un lien entre défavorisés, ceux d’ici et ceux de là-bas. Cette action n’était pas simplement formelle et pédagogique ; il y avait aussi une volonté politique, au sens noble du terme.

Je m’associe aujourd’hui à toute l’équipe du PIL [4] - dont j’ai fait partie trop peu de temps – pour dire toute la tristesse que nous ressentons tous.

Il y a peu de temps, son expérience a donné un livre [5] récemment publié aux Cahiers Pédagogiques dans la collection « Repères pour agir ». Philippe Taburet était l’un des trois auteurs de « Le décrochage scolaire, des pistes pédagogiques pour agir » dont les deux autres auteurs sont Marie-Anne Hugon et son collègue au sein du PIL [6] - et ami de toujours -, Philippe Goémé.
Jacques Tenier

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Avec Mika Camara, du Sénégal

[1Lycée Autogéré de Paris

[2La Ville Pour École

[3Lycée de la Solidarité Internationale

[4Pôle Innovant Lycéen : http://www.pilparis.org/site/

[5Le décrochage scolaire, des pistes pédagogiques pour agir, Philippe Goémé, Marie-Anne Hugon et Philippe Taburet, collection Repères pour agir, Scéren-CNDP et CRAP-Cahiers pédagogiques, 2012

[6Pôle Innovant Lycéen : http://www.pilparis.org/site/

Voir en ligne : L’interview qu’il nous avait accordée.


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