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Rencontres d’été du CRAP 2018

Les avant-après

Laurence Cohen

22 août 2018

Trois « crapistes », deux nouvelles et une ancienne, évoquent leurs attendus avant les Rencontres et leurs ressentis à la fin de celles-ci. Un mot d’ordre : é-bul-li-tion !


Avant

Mélanie Bonnet, professeure des écoles stagiaire à Tours

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Qu’es-tu venue chercher ? Qu’attends-tu des Rencontres, d’un point de vue personnel et professionnel ?

Je suis en reconversion professionnelle, j’étais chargée de développement culturel ; et je suis retournée à mon premier « coup de coeur » car je ne retrouvais plus les valeurs que j’avais envie de défendre dans mon précédent métier.
Quand j’ai vu l’information pour les Rencontres sur les réseaux sociaux, je me suis dis que ce serait comme une colo de profs : vivre au quotidien pendant une semaine dans un lieu qu’on ne connait pas, avec des gens qu’on ne connait pas et avec des activités, des ateliers la journée. Une colo, mais pédagogique. Ce qui m’a plu, c’est autant le fait de rencontrer des gens qui sont sur le terrain, et aussi cet aspect « vacances, à la cool », avec un côté moins formel que dans une formation professionnelle comme à l’ESPE.
Je ne me suis dit que je n’avais peut être pas assez d’expérience, et que je ne pourrais pas autant apporter aux gens qu’eux vont m’apporter, mais les participants ne m’ont pas l’air d’être dans cette optique.

Après
Tu nous disais il y a six jours que tu imaginais les Rencontres comme une grande colo de profs...
Et bien, c’est ça et c’est pas ça ! Je crois qu’en colo (j’en ai fait beaucoup) j’ai moins mal à la tête ! Mais c’est positif : j’ai appris beaucoup de choses, beaucoup de portes se sont ouvertes ou entrouvertes, et cela va me prendre du temps de voir ce qu’il y a derrière ces portes. Il va falloir faire des liens, tisser la toile : j’ai plein d’informations, mais maintenant il faut que je tisse.

Plein de pistes professionnelles donc, mais sous quels auspices souhaites-tu commencer ta carrière ?
Quand j’aurai été titularisée, je pourrai expérimenter et me lâcher pédagogiquement parlant. Là, je vais pouvoir tester des choses et voir comment on peut rendre les apprentissages intéressants.

Et humainement ?
Beaucoup de rencontres, cent personnes cela représente un flot important de visages et de prénoms à retenir ! J’ai fait des rencontres très chouettes autant professionnellement que personnellement. On est allé souvent au-delà du professionnel dans les échanges, mais il m’a fallu au moins trois jours pour mieux connaitre les gens que j’ai rencontrés.

Un mot pour résumer ces Rencontres ?
Ébullition !


Barbara Gaillot, professeure d’anglais et français en lycée agricole à Pau

Avant
JPEGQu’es-tu venue chercher aux Rencontres du CRAP ? Qu’en attends-tu, d’un point de vue personnel et professionnel ?

Je suis venue chercher de l’échange, trouver du dynamisme, de la motivation, de nouvelles idées en pédagogie pour mes élèves, dans mes pratiques de tous les jours. J’essaie de continuer à rester dynamique, à mieux enseigner, à être une meilleure prof. Et toujours à maintenir un lien un peu particulier, privilégié avec mes élèves, afin qu’ils réussissent.
Humainement c’est intéressant de rencontrer d’autres personnes, qui font le même métier mais qui ont un autre regard, qui sont aussi pleines d’enthousiasme et toujours positives par rapport au métier. Des échanges et des liens se créent et j’en suis fan !

Après
On arrive à l’ultime jour des Rencontres, le dernier atelier va bientôt commencer... As-tu trouvé ce que tu étais venue chercher ?
Oui ! Même s’il faudra que j’approfondisse pas mal de choses. Je ne connaissais pas les pédagogies coopératives et là il y a un monde qui s’ouvre à moi. Je commence à tâtonner, à avoir des idées. Cela me rebooste, me relance pour la rentrée, pour refaire ma progression notamment, et la manière dont je vais fonctionner en classe.
En voyant le travail différencié, personnalisé, comme j’ai des classes hétérogènes comme tout un chacun, cela va me permettre de faire en sorte que mes élèves soient en progrès ou en réussite.

Professionnellement comblée ?
Oui, bien sûr ! Et humainement j’ai adoré. C’était vraiment une semaine très riche. Très confortable aussi, car j’ai très rapidement trouvé ma place. Des affinités se sont créées, mais on se sent bien avec tout le monde. Il y a des échanges, c’est facile de discuter, on se sent écouté et entendu : il n’y a pas de frustration, j’ai pu dire ce que j’avais à dire. Je quitte les Rencontres avec des nouveaux contacts plein mon téléphone.

Et le rythme ?
Au début, j’ai eu du mal à me poser tant j’étais enthousiaste. Mais je ne suis vite adaptée. Je suis prête à revenir l’année prochaine !


Avant

Jeanne-Claude, professeure des écoles en maternelle en Alsace, vient aux Rencontres depuis 1996.

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Pourquoi reviens-tu aux Rencontres après toutes ces années ?
Les premières Rencontres ont été les plus décapantes bien sûr, et aujourd’hui cela continue de me ré-énergiser, de me mettre sur de bons rails pour la rentrée, pour continuer à être motivée dans mon travail. Comme ça fait vingt-huit ans que je suis en maternelle, je viens ici pour sortir de la répétition, pour rester dans une dynamique de motivation, pour avoir du plaisir dans mon métier. Aux Rencontres, il y a plein de gens motivés et qui sont dans le plaisir d’enseigner, mais aussi des gens qui peuvent être dans une phase de souffrance dans leur travail. J’ai besoin de venir aux Rencontres, car c’est vraiment quelque chose qui me booste.
Dans mon atelier, je suis la seule en maternelle, mais ce n’est pas grave, car je ne viens pas pour avoir des recettes, je cherche plutôt à trouver ma réflexion à partir des thèmes généraux des ateliers. Ils me poussent à réfléchir à partir d’autres pratiques dans d’autres niveaux, ils me donnent des déclics, même si ce sont souvent des petites choses.
Je suis venue et je viens encore avec mes enfants, Alizée, qui est maintenant animatrice pour le groupe des enfants, et Robin qui a 15 ans et qui retrouve ses copains. Je peux le laisser en complète autonomie. Je sais qu’on a des valeurs communes en termes d’éducation, je peux le laisser vivre sa semaine, il a son espace de liberté : c’est comme une colo avec des supers valeurs.

Après
Alors ré-énergisée ?
Après une année un peu difficile, j’étais fatiguée et là me voilà ressourcée. J’ai de nouvelles pistes de travail que j’ai hâte de mettre en place. De petites choses qui vont essaimer : elles sont encore en gestation, mais je me sens motivée pour la rentrée.

Toujours satisfaite de ces rencontres humaines ?
Oui, car ce ne sont jamais les mêmes personnes. On a quelques copines que l’on retrouve, mais on découvre de nouvelles et belles personnes. Au CRAP, ce qui est chouette, c’est que tout le monde se mélange : il y a un brassage dès le début. Chacun s’accepte, s’écoute. Et en plus, on s’aère, on s’oxygène dans un milieu bienveillant.
On a le cerveau en ébullition pendant six jours et on profite à 100 %.

Prête pour repartir l’année prochaine ?
Oui absolument, avec peut être même une possibilité de co-animation ! J’ai déjà animé précédemment des ateliers, à la fois activités et thèmes. Par exemple, l’année dernière, j’ai animé un atelier théâtre. En général, j’essaie de co-animer tous les deux ans. Cela permet d’alterner les postures et de participer aux deux types d’ateliers. Alterner permet de « se remplir » de nouveau, de se renouveler. On n’a pas une posture de formateur, donc on n’a pas besoin de cumuler des connaissances car ce n’est pas que nous qui apportons, mais aussi les participants.

Laurence Cohen

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