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L’actualité éducative du n° 507 - septembre 2013

La formation, c’est mieux ailleurs ?

Hors éducation nationale

À niveau d’études équivalent, voici comment se déroule la formation d’un cadre SNCF et d’un cadre de santé. De quoi en tirer des idées ?

La formation des cadres de la SNCF se déroule parfois en interne, mais souvent s’adresse à des ingénieurs ou des personnes sortant de grandes écoles comme Centrale ou Polytechnique. Il s’agira de former des responsables d’équipes d’une vingtaine de personnes, dans un secteur particulier : le secteur du matériel (qui gère les moteurs, les rames), le service transport-mouvements (pour le flux, les aiguillages), l’équipement (l’électricité, les câblages, l’entretien des voies), le secteur commercial pour la vente, ou le domaine des ressources humaines.

La formation la plus complète se fait en école et dure sept mois environ, incluant une période de deux ou trois mois sur le terrain, avec l’accompagnement d’un tuteur, un rapport de stage et des retours sur l’expérience ensuite, à l’école. Après la formation, ce sera leur premier poste.

Une difficulté vient du fait qu’il existe peu d’écoles et que la formation va souvent demander de se déplacer loin, de se loger, avec un salaire qui n’est pourtant pas des plus élevés. Mais une des qualités de cette formation, c’est qu’elle est très cadrée : pour accéder à des métiers de sécurité qui exigent une grande compétence, on passe par l’apprentissage de procédures très rigoureuses et très concrètes.

Jean-Jacques Descazeaux
Chef de secteur à la SNCF


La formation des cadres de santé s’adresse à des professionnels de la santé, infirmier, kiné, orthophoniste, psychomotricien, préparateur en pharmacie, etc. Elle leur permet d’accéder à des fonctions d’encadrement ou de formation. La plupart des IFCS (instituts de formation des cadres de santé) ont noué un partenariat universitaire et permettent la validation d’un niveau M1 (master 1). Il s’agit d’une convention qui définit les modules, le nombre d’heures et l’évaluation.

Formation modulaire, elle aborde les champs du management (la planification, l’organisation, la mise en activité ou le contrôle) et de la pédagogie avec histoire, philosophie, psychologie, sociologie notamment, adaptés au contexte de la formation des adultes.

Au-delà des contenus, ce qui caractérise cette formation, c’est qu’elle s’adresse clairement à des adultes et qu’elle revendique un caractère professionnalisant, donc centré sur le développement de compétences, huit en management, huit en pédagogie. Elle cherche à développer l’autogestion et l’autonomie, avec l’expérience comme source d’apprentissage (les situations professionnelles sont retravaillées en cours et à la lumière des apports théoriques). Pour cela, le processus pédagogique met en place une alternance entre stage et formation, où les évaluations permettent la mise en œuvre des connaissances développées en cours.

La colonne vertébrale du dispositif est le travail de fin d’études, qui peut prendre plusieurs formes. La plus répandue étant un travail de recherche (partenariat universitaire oblige) ancré dans une problématique professionnelle, tels que «  le cadre de santé au cœur du conflit  », «  encourager la responsabilité et l’autonomie des équipes  ».

À ce jour, ce dispositif permet d’amener des professionnels à un niveau M1 dans un temps relativement court, puisque la formation dure quarante-deux semaines (seize semaines de stage et vingt-cinq semaines d’enseignements théoriques). Ils ne font que cela et sont considérés en formation continue. Mais leurs établissements doivent faire face aux difficultés de financement, puisqu’ils doivent payer les 8 500 euros de formation et un an de salaire.

Jean-Philippe Garcia
Cadre supérieur de santé

Propos recueillis par Christine Vallin