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Recension parue dans le N° 407 d’octobre 2002

À quoi sert l’autorité ?

Véronique Guérin, Chronique Sociale, 2001, collection « l’essentiel ».

5 octobre 2002


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L’autorité : sujet ô combien présent dans les discours sur l’éducation, érigé parfois en paradis perdu à réinvestir d’urgence pour contrer les problèmes de violence qui sapent l’école aujourd’hui, ou présenté naguère comme un danger pour l’épanouissement de l’enfant.

En marge de ces deux conceptions, Véronique Guérin, à partir de son expérience de terrain et par des approches autour des théories de communication, de psychologie et d’une philosophie humaniste explique tout d’abord dans son livre les mécanismes relationnels entrant dans l’exercice de l’autorité. Après un état des lieux de l’autorité « qui ne va plus de soi », des mécanismes de la violence, l’auteur propose sa vision d’une autorité éducative évitant les impasses de l’autoritarisme comme de la permissivité et visant à former un citoyen respectueux, solidaire, pensant par lui-même et conscient de lui-même.

Une deuxième partie revient sur la connaissance de soi comme viatique menant à la confiance et l’estime de soi, tour à tour dans l’introspection et dans la rencontre. Le « cercle de parole » y est présenté comme technique concrète « susceptible d’aider l’enfant à se connaître et à s’affirmer au sein d’un groupe ».

C’est dans la troisième partie que Véronique Guérin aborde la socialisation, les difficultés liées à la gestion des inévitables conflits. Elle place l’éducateur dans une position d’observateur capable également d’imposer ses décisions sans blesser l’enfant, en se référant aux règles, en privilégiant la sanction éducative telle que la définit Eirick Prairat : « La sanction doit permettre un retour sur soi et [...] vise à resocialiser l’enfant. »

Le livre traite enfin de la coopération élevée au rang de valeur, témoignant le désir de rééquilibrer la place prise par la compétition. Partant de l’hypothèse que « la rencontre est source d’enrichissement mutuel », l’auteur décrit comment la coopération intervient dans la gestion des conflits, dans le jeu, dans l’apprentissage, dans la prise de décisions démocratique et dans l’aide apportée aux autres.

Insistant sur la formation nécessaire des éducateurs pour entrer en relation avec autrui, Véronique Guérin apporte à travers ce livre une vision tout à la fois généreuse et ambitieuse, ferme et authentique sur l’éducation, l’autorité, la socialisation, ces ferments de la société de demain.

Christine Vallin


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