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Défaillances

Le Monde titre surCes établissements scolaires qui manquent toujours de professeurs : « Nous avons des noms sur le papier, mais pas d’enseignants dans les classes ». Deux semaines après la rentrée, des problèmes subsistent. Les rectorats plaident une « période d’adaptation » inhérente à la rentrée. Les heures de cours perdues s’accumulent pour les élèves.

C’était comment déjà ? “Un professeur devant chaque classe” ? Mais il n’a pas dit dans toutes les disciplines dans le secondaire, ni un adulte formé, ni d’ailleurs dès le mois de septembre, donc…

Mais, apparemment, sur FranceBleu on n’attend pas la saint glinglin. “Des dizaines de parents d’élèves attaquent l’Etat et mènent une action collective coordonnée contre l’Education Nationale, qui se montre défaillante à leurs yeux pour cause d’absences trop fréquentes des enseignants de leurs enfants.“. Enfin, les associations de parents d’élèves comprennent que le problème des absences non remplacées c’est qu’elles ne sont pas remplacées et non l’absence.

Le Monde enfonce le clou concernant le manque de moyens : l’inclusion se fait sans moyens

Face aux défaillances de l’Etat, des accompagnants privés pour les élèves en situation de handicap. Des parents sont contraintes d’engager leur propre AESH dit privé, souvent par le biais d’associations, avec l’accord des rectorats ou des chefs d’établissement. Au risque de la rupture d’égalité.

A Montauban, “Un élève atteint de dyspraxie et scolarisé en 4ème dans un collège de Montauban dans le Tarn-et-Garonne s’est vu interdire par plusieurs professeurs l’usage de son ordinateur portable en classe. Ses parents expliquent pourtant que cet outil est indispensable pour lui permettre de prendre des notes […] Melvin a pourtant obtenu de l’Education nationale un ordinateur portable, seul outil de compensation pour prendre des notes. De plus, la MDPF [sic], maison départementale pour les personnes handicapées,  a signifié qu’un ordinateur lui était nécessaire.

Selon l’association Técap 21 Quercy Gascogne, qui suit l’enfant et sa famille, certains enseignants ne tiennent pas compte de son trouble et demandent à Melvin d’écrire au stylo “pour son autonomie” […]

Actuellement, pour les postulants AESH qui n’ont pas de diplôme professionnel dans le domaine de l’aide à la personne, la formation est concentrée sur 60 heures. Trop peu, selon ce représentant d’association : “Ces accompagnants doivent souvent prendre en charge plusieurs enfants avec des besoins différents : troubles DYS, autistes, trisomiques et dans plusieurs établissements.” […]

Les dernières statistiques officielles font état de 220 000 enfants nécessitant l’accompagnement d’un AESH et de seulement 125 000 accompagnants en postes.”

Inégalités

Le Monde présente legrand flou autour d’une réforme d’envergure

Le président Macron veut s’attaquer au lycée professionnel, dont trop d’élèves peinent à s’insérer après le diplôme. Un chantier de grande ampleur qui inquiète déjà sur le terrain.

Un bon indicateur du souci des élèves dans cette réforme vient de la réponse des syndicats !

Libération : “Sur la réforme des lycées pro, Emmanuel Macron crée l’union contre lui” (réservé abonnés)

Dans le Figaro : “«Le président Macron persiste à vouloir imposer aux personnels sa réforme des lycées professionnels calquée sur le modèle de l’apprentissage. C’est un exemple révélateur que la méthode ne change pas: aucun bilan de la réforme précédente, aucune concertation en amont de cette annonce brutale et une feuille de route tardive (et floue)», indique ce texte signé par la plupart des syndicats du secteur, dont le SNETAA-FO, le SNUEP-FSU, le SE-UNSA, la CGT Educ’action, le SNALC, SUD Éducation, le SNEP-FSU, le SNES-FSU.”

Toute l’équipe de la revue de presse vous recommande la lecture de la tribune de Jean-Paule Delahaye, décidément, toujours pertinent !

« Vous n’avez rien dit pour défendre l’enseignement général au lycée professionnel. Ce sont les enfants des autres » L’ancien directeur général de l’enseignement scolaire, Jean-Paul Delahaye, interpelle, dans une tribune au « Monde », les décideurs, parents, et citoyens issus des classes moyennes et favorisées sur leur manque d’engagement pour l’enseignement général au lycée professionnel.”

Les Echos eux-mêmes cassent cette réforme à venir

“Alors que la réforme française des lycées professionnels s’inspire du système allemand de formation en entreprise, celui-ci s’essouffle, faute de candidats. Développement des études supérieures, vieillissement de la population, plein emploi… les raisons du désamour sont profondes et la manière dont le gouvernement veut y remédier ne convainc pas les entreprises.” (réservé abonnés)

 

Autre secteur, autres inégalités…

Le Monde remarque queDans l’enseignement privé, de plus en plus d’élèves très favorisés

Au collège, le secteur privé sous contrat compte 40 % d’élèves très favorisés, contre 20 % dans le secteur public, et l’écart ne cesse de se creuser. Alors que l’entre-soi se renforce, le ministre de l’éducation nationale veut relancer une politique de mixité sociale.

Et pourtant, “L’enseignement catholique crie à la discrimination (dans Le Figaro). Transport, cantine… Moins subventionné, le privé perd des élèves et se sent désavantagé par rapport au public. «Oui, les élèves scolarisés dans les établissements privés et leurs familles sont, j’ose le dire, discriminés.» C’est le message qu’a porté jeudi le secrétaire général de l’enseignement catholique, Philippe Delorme, lors de sa conférence de rentrée.“. C’est vrai qu’une subvention à 70% du budget c’est trop peu…

Oh que ça tombe bien ce désespoir discriminé ! Admirez l’à-propos du Figaro (encore !) qui nous publie le classement des meilleurs collèges de France ! Et le “petit” collège (privé) Stanislas près de Montparnasse très discriminé qui est encore premier ! Après une sélection drastique à l’entrée et chaque année, en affirmant “Notre vraie richesse, est l’humain, l’implication des professeurs, des préfets (chargés de la vie scolaire) et des élèves. Tous partagent la culture du ‘davantage’. Nous leur faisons comprendre que la valeur du travail est un vrai plus, et qu’à intelligence égale, un élève qui travaille ira plus loin. D’ailleurs, cette année, le thème de la 6 ème est ‘de notre mieux’ (comme celui des louveteaux NDLR)». Oui, il faut oser…

Sinon ? Que retenir de ce classement ? Sans doute faut-il dénoncer encore une fois les biais de ces classements, toutes choses n’étant pas du tout égales entre les collèges classés. La sélection des élèves dans certains collèges (privés mais aussi publics, établissement franco-allemand de Buc, collège Rognoni…) rend évidemment caduque la comparaison avec un collège de secteur moyen, et les moyens matériels qui ne sont pas du tout les mêmes partout la rendent indécente.

 

Enseignement 

Éducation à la sexualité : Mediapart révèle un rapport d’inspection enterré par Blanquer

Un rapport de l’inspection générale de l’éducation nationale, qui établit la trop faible efficacité de l’éducation à la sexualité, est resté un an dans les tiroirs de Jean-Michel Blanquer. Son successeur, Pap Ndiaye, semble enfin vouloir faire de cette politique publique une priorité.

Sexe dangereux et/ou éducation sexuelle dangereuse ? par Claude Lelièvre, Historien de l’éducation. “Ces deux dimensions semblent former un couple infernal historique. C’est avant tout en invoquant la lutte contre les risques sexuels que l’Éducation nationale s’efforce de mettre en place une éducation à la sexualité dans les établissements scolaires. Mais cela s’avère risqué pour ses acteurs, mis en cause par des organisations virulentes.

“En cours d’éducation physique, ces stéréotypes qui pénalisent les filles (theconversation.com) Malgré les progrès réalisés en termes d’égalité des chances entre les hommes et les femmes au cours des dernières décennies, les attentes concernant les performances des garçons et des filles diffèrent encore selon les matières scolaires. Ainsi, dans les domaines liés aux sciences et technologies, tels que les mathématiques ou la physique, ou encore en éducation physique, les garçons sont censés être plus compétents et avoir de meilleures notes que leurs camarades féminines.

 

Personnels

Ouest-France a couvert la visite à Caen du ministre “Enseignante poignardée à Caen : le ministre de l’Éducation en visite au lycée Malherbe

Ce vendredi 23 septembre 2022, le ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye est arrivé au lycée Malherbe de Caen (Calvados), vers 8 h 30. Cette visite a lieu dix jours après l’agression au couteau d’une enseignante de l’établissement.

Information reprise sur France 3 : “Agression d’une enseignante à Caen : le ministre de l’Éducation nationale rencontre l’équipe éducative

Le ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, a rencontré ce vendredi matin, 23 septembre 2022, l’équipe éducative du lycée Malherbe de Caen. La semaine dernière, une professeure de français de l’établissement scolaire avait été agressée au couteau par un élève.

 

Le Monde tel qu’il va

Challenges a suivi le discours du secrétaire général de l’ONU. “Les défaillances de l’école participent aux divisions de la communauté internationale, s’est inquiété lundi le secrétaire général de l’ONU lors d’un sommet sur l’éducation qui ouvre une semaine de diplomatie de haut niveau dans un monde en crise.

L’enseignement flamand sera doté de nouveaux “objectifs minimaux” – La Libre. “Le ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts, et les prestataires de formation ont présenté lundi un nouvel accord-cadre sur le développement de nouveaux objectifs de réussite dans l’enseignement secondaire, issu de longues concertations avec les acteurs du secteur.”

Examen

Libération reprend le communiqué du MinistèreBac: les épreuves de spécialité maintenues en mars, sur un programme «resserré»

Nés de la réforme Blanquer du lycée, ces examens se tiendront les 20, 21 et 22 mars prochains pour les élèves de terminale, afin d’être intégrés sur la plateforme Parcoursup.

Le HuffPost insiste surPour la première fois, les épreuves de spécialité du baccalauréat auront lieu en mars, comme prévu dans la réforme de Jean-Michel Blanquer.

Supérieur

Selon Pierre “Mathiot : “La préparation à l’entrée dans l’enseignement supérieur est clairement l’angle mort de la réforme du lycée” – Educpros (letudiant.fr). Enjeux du supérieur, paroles de dirigeants, Pierre Mathiot, directeur général de Sciences po Lille répond aux trois questions d’EducPros. Financement du supérieur, missions à renforcer, mais aussi effets et évolutions souhaitées de la réforme du lycée, il ouvre des pistes concrètes.”

Dans Le Monde, “Sylvie Retailleau : « Nous devons reconnaître le droit de se tromper et de se réorienter après une année d’études ». La ministre annonce, dans un entretien au « Monde », le lancement en février 2023 d’une nouvelle plate-forme pour fluidifier les réponses aux candidats en master.” J’avoue que j’ai eu du mal à comprendre le lien entre le titre et le chapô même après avoir lu l’entretien. On sent qu’il y a une idée, mais laquelle ?

 

Sur France Info : “Crise énergétique : cours supprimés, stages décalés, baisse de chauffage… Étudiants et universités se préparent à un hiver difficile

Alors que l’université de Strasbourg annonce sa fermeture deux semaines supplémentaires cet hiver pour faire baisser sa facture d’énergie, d’autres établissements prennent d’autres mesures, moins drastiques.

Exemple, dans France 3 régions :  “Crise énergétique : Les universités vont-elles devoir fermer leurs portes cet hiver pour limiter la facture ? La rentrée universitaire se fait en pleine crise énergétique. Les universités Paul Sabatier à Toulouse (31) et Champollion à Albi (81) n’envisagent pas de suivre la stratégie de la faculté de Strasbourg, qui a annoncé fermer ses portes deux semaines de plus cet hiver.

Libération s’inquiète des incidents techniquesA l’université Sorbonne-Nouvelle, après une corniche, au tour d’une dalle de plafond de s’écrouler. Les soucis techniques s’accumulent dans l’université parisienne flambant neuve, qui a déjà été contrainte de reporter sa rentrée, faute de place. La CGT appelle au droit de retrait.

Manque d’attractivité, manque de places…

Le Point se fait l’écho de L’unef qui “fustige les promesses non tenues du gouvernement.

Malgré l’annonce de l’ouverture de 9 500 places en licence, la capacité des universités françaises a baissé de 6 000″ (repris de Libération, article réservé aux abonnés).

Extrait choisi : “L’Unef se plaint ainsi, toujours dans son rapport, d’un manque de places en master. Pour cela, le syndicat étudiant s’appuie sur l’augmentation considérable du nombre de saisines du rectorat en la matière : 4 043 en 2017, 11 615 en 2021. « Neuf étudiants sur dix n’ont pas d’inscription à l’issue de la saisine en 2021. »

Le Figaro étudiant s’inquiète des conditions de travail des doctorants. “Précarité, harcèlement, manque d’attractivité: à l’université, la baisse du nombre de doctorants inquiète. Une enquête publiée ce mardi 20 septembre par la Fage met en lumière les conditions de travail difficiles des doctorants.

Tiens, revoilà dans le JDD, le « Classement des universités : la liberté doit être un critère » et sa défense par une école (très) sélective. Apparemment, les classements, quand ils ne leur sont pas favorables, déplaisent à ceux qui sélectionnent…, Tribune de Mathias Vicherat, directeur de l’Institut des études politiques à Paris, il “appelle à prendre en compte deux nouveaux critères dans les classements internationaux des universités : la liberté académique et l’impact environnemental.

Réflexions

Le spécialiste d’éducation comparée Roger-François Gauthier plaide, dans une tribune au « Monde », pour l’ouverture de l’école aux incertitudes collectives de notre temps, du devenir climatique à la rencontre avec autrui.” (réservé aux abonnés mais je vous le recommande)

Les « CIO », un cinquantenaire en forme de point final ? | Le Club (mediapart.fr) Claude Lelièvre

Le livre de Bernard Desclaux qui vient de paraître : « Le centre d’information et d’orientation ; une structure à ”la marge” de l’Education nationale » interroge. Les CIO vont-ils passer de « à la marge » à « en marge » du système éducatif voire disparaître ?

extrait choisi de cette lecture :” Le danger, mais cela n’a rien à voir avec cette ambition, c’est de se retrouver ”en marge” ( au lieu d’être ”à la marge”) et c’est ce qui semble bien menacer les CIO actuellement. C’est sans doute pourquoi, dans la conclusion de sou ouvrage, Bernard Desclaux se livre à quelques considérations précieuses sur l’avenir possible des CIO..

On notera aussi que cet ouvrage – et ce n’est pas son moindre intérêt – pourtant focalisé sur les CIO et leur structure- est fort éclairant sur l’ensemble du domaine de l’orientation en les prenant comme ”analyseurs”. Bref, même si le sujet peut paraître restreint et à certains égards plutôt ”technique”, la façon dont il est traité éclaire bien tout le champ de l’orientation et même certains des enjeux majeurs du système éducatif.

 

Emilie Kochert, avec l’aide de toute l’équipe de la Revue de presse

 

 N° 579 – RESPECT

Coordonné par Julien Garric et Françoise Lorcerie, septembre-octobre 2022

Enseignants, élèves, parents : dans les établissements scolaires aujourd’hui, chacun peut se plaindre du manque de respect. Le ministère de l’Éducation nationale a d’ailleurs fait de « respecter autrui » l’un des quatre savoirs fondamentaux à transmettre à nos élèves. Comment apprend-on à respecter autrui ?

 

  N° 578 –  ÉCRIRE POUR ÊTRE LU

Coordonné par Ben Aïda et Jean-Michel Zakhartchouk, juin 2022

Ce dossier s’inscrit dans une réflexion critique menée sur les « fondamentaux » à l’école énoncés dans les discours injonctifs (« lire, écrire, compter, respecter autrui »). Il s’agit de s’interroger à la fois sur le sens à donner à l’écriture des élèves (qu’écrivent-ils, pourquoi, pour qui ?) et sur l’apprentissage du geste.