Innover au quotidien est exceptionnel ? Inventer au quotidien est courant ! Lorsque des enseignants se réunissent pour inventer des pratiques adaptées aux élèves et se coordonnent pour les réaliser, cela relève de la pratique consensuelle du métier. Pour que l’innovation sorte de l’ombre, un travail de reconnaissance de la dimension constructive du « conflit » et non sa négation est nécessaire pour générer peut-être du changement.

Le droit à l’expérience appuyé par la valorisation de la prise de risques pour s’autoriser à l’initiative pédagogique me semble ici déterminant pour se lancer dans l’aventure individuelle et/ou collective.

Le rôle du travail en équipe pour garantir l’expression de chacun est essentiel. L’institutionnalisation des échanges autour des conceptions pédagogiques et des pratiques suppose une attitude d’écoute professionnelle pour éviter l’abus de pouvoir.

L’échange argumentatif est ici requis et éprouvé par les mises en œuvre pédagogiques et les projets éducatifs menés à leur terme.

Le travail d’explicitation induit une clarification des valeurs et traduit l’engagement des auteurs. Les parutions écrites du « dire » qui alternent avec la communication vécue du « faire » installent l’authenticité des intentions pédagogiques soumises ainsi au regard critique des partenaires, de l’institution et des usagers.

La confrontation de nos certitudes pédagogiques progressivement transformées en convictions militantes est nécessaire à tout mouvement de changement et d’innovation. L’éducation est une mission impossible… sans doute à achever, mais possible à réussir si l’on accepte l’idée d’incomplétude dans toute relation humaine, fût-elle pédagogique ou didactique.

Christian… militant du CRAP – Cahiers pédagogiques.