Mon premier conseil de discipline

Je n’arrive toujours pas à décrire ce que j’ai ressenti. Je suis parent d’élève élue au conseil d’administration du collège de mon enfant. A la fin des vacances de la Toussaint j’ai reçu une convocation pour assister  au conseil de discipline et j’y suis allée sans savoir ce qui m’attendait. Je ne me doutais pas que j’allais en sortir toute retournée avec plein de questions sans aucune réponse.
Pourquoi le conseil de discipline est-il instauré au collège ? Dans quel  but ? Est-ce  un moyen pour les chefs d’établissements d’exclure des élèves plus facilement du moment que la décision est venue du conseil de discipline ? Au conseil, le chef d’établissement nous a appris que les deux élèves convoqués avaient des problèmes sociaux. Ils avaient des antécédents dans d’autres établissements. J’ai pensé qu’en les excluant après trois mois de scolarité, ils vont terminer l’année dans un autre collège en y amenant leurs difficultés que cet établissement n’a pas pu résoudre. Qu’est-ce que le système éducatif actuel peut faire pour ces  élèves déjà en difficulté sociale ? Je trouve que c’est une grande responsabilité pour un parent d’élève de décider de la poursuite  ou non de la scolarité d’un ou d’une élève. Lors du conseil, les professeurs nous disaient qu’il fallait penser aux élèves qui voulaient travailler. Par conséquent, pour le bon respect des règles de la classe, les élèves perturbateurs, difficiles à gérer, doivent quitter l’établissement. Ces élèves qui ont beaucoup de problèmes sociaux devraient savoir les laisser à l’extérieur du collège sinon ils n’ont aucune chance de faire une année scolaire entière dans un seul établissement. Le fait qu’un élève fragilise l’autorité que l’enseignant peut avoir dans sa classe n’est pas acceptable, mais c’est tellement difficile ce qu’on demande à ces élèves en difficulté sociale. En même temps il faut protéger, comme on le dit, les élèves qui respectent les normes. Dans mon esprit, le conseil de discipline a un objectif éducatif mais je ne l’ai pas vu dans celui-là.

Chère Aïdouce,

es-tu_.jpgVotre message a particulièrement retenu notre attention. Sans doute parce qu’au CRAP-cahiers nous avons tous vécu cette situation, dont on ressort troublé. Désarmé aussi et en colère de l’être. Voilà encore un « faute de mieux » qui s’apparente à un « faire le pire », oui. Mais qui demande de trouver autre chose à la place.
Nous voudrions vous faire lire cet article de Paul Robert, principal, qui partage vos interrogations et vous apporte quelques-unes de ses réponses. Il est paru dans notre numéro 489 « Faire du français sans exclure », dans la rubrique Faits et idées.
Merci, Aïdouce, de nous avoir transmis ce témoignage.

Christine Vallin