L’école est particulièrement mise à l’épreuve. D’abord dans le mauvais sens du terme quand elle subit des attaques incessantes dont le point d’orgue récent fut le discours de Nicolas Sarkozy à Latran où il tint les propos suivants : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé. » Ces propos pourraient être facilement considérés comme injurieux. Mais déjà ils confondent enseignement et apprentissage et considèrent que l’école doit enseigner ce qu’il faut penser et non enseigner à penser.
Cette dernière confusion est largement partagée à l’intérieur même de notre système éducatif où, comme nous le rappelait Roger-François Gauthier (Inspecteur général) lors de son intervention aux dernières Journées d’Automne du CRAP , la prescription scolaire est de nature religieuse. Non appropriés par les élèves et non tournés vers les usages, les savoirs ne deviennent le plus souvent que des épreuves liées à une hiérarchie des connaissances, à l’erreur considérée comme une faute ou bien encore à des modalités d’évaluation dominées par le contrôle et la note.

Être militants de la pédagogie sans être moines, convaincus de l’éducabilité de tous sans être intégristes, praticiens sans être prêcheurs : nous continuons pour notre part à vouloir allier ambition pour l’école de l’avenir et engagement dans le présent. Sans illusions naïves sur la mise en place de dispositifs comme le socle commun, les PPRE ou l’accompagnement éducatif, nous nous demandons toujours comment faire dans l’intérêt des élèves. Nous avons déjà avancé des propositions concrètes et pratiques sur les PPRE et le socle commun. Le 30 janvier prochain, nous organisons un colloque intitulé Accompagner les élèves dans et hors de l’école , ouvert à tous pour réfléchir ensemble à cette notion d’accompagnement.
La logique de la loi de février 2005 sur la scolarisation des enfants handicapés, comme en témoigne le dernier numéro des Cahiers ( N°459 L’école à l’épreuve du handicap ), est celle d’une école inclusive qui soit capable de s’adapter aux besoins de chaque élève considéré dans sa singularité. Parvenir à cela ne serait-il pas l’épreuve à laquelle doit se confronter l’école pour tous ses élèves ?