Voilà un livre qui devrait redynamiser les enseignants qui veulent changer l’école. L’auteur y décline cinq défis : restaurer la confiance en l’école, croire en les potentialités de chaque élève, promouvoir une réflexion pédagogique de qualité, rénover l’organisation des établissements, instaurer un pilotage dynamique du système. Chaque défi est décrit en un chapitre découpé en trois parties. Ce livre peut se lire en l’ouvrant à n’importe quelle page, selon la curiosité ou l’intérêt que l’on porte à tel ou tel défi mais lire la totalité permet d’y apprécier la cohérence des propositions.
X. Sorbe croit en l’école, en la qualité des personnels et dans les capacités des élèves. Il fustige ceux qui voudraient revenir à l’école de grand-papa et défend les pédagogues (rappelons qu’il a participé comme intervenant aux premières Assises de la pédagogie organisées en 2007 par le Crap-Cahiers pédagogiques). Il reconnaît les carences de l’Institution, la démocratisation en panne, les résultats médiocres de la France dans les évaluations internationales, mais il se place résolument dans une perspective optimiste se fondant sur l’énergie déployée par les personnels de l’E.N. en faveur des élèves. Il défend les principes de la loi d’orientation de 1989, les projets d’établissement, les TPE, les Tice, le socle commun, la différenciation qui doit mettre un terme au redoublement, l’autonomie des établissements. Les lecteurs des Cahiers devraient se reconnaître dans les valeurs défendues telles le travail en équipe, la pédagogie de projet, la mixité sociale, l’hétérogénéité, la coopération… Le tout est étayé par des éléments d’histoire de l’éducation, des analyses et une argumentation qui s’appuient sur des études et des évaluations officielles, et par des exemples d’innovations réalisées dans divers établissements. Il faut préciser que Xavier Sorbe est bien placé pour connaître tous ces documents : après avoir été professeur de mathématiques puis inspecteur du premier degré et inspecteur pédagogique régional, il est aujourd’hui inspecteur général de l’Éducation nationale.
Dommage qu’il n’ait pas davantage fait de propositions concrètes sur la transformation nécessaire du métier enseignant.Mais son livre qui se veut une ouverture au débat a de quoi remonter le moral et c’est appréciable en cette période où les mouvements pédagogiques sont si décriés.

Dominique Guy


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