poulin_illus_partie.jpgEn 1972 apparaissent les premières calculatrices (CASIO Mini est lancée en 1972).
En 1982, IBM lance les premiers PC et ses concurrents des clones (en 1982, Time Magazine déclare que la personnalité de l’année est le PC).
Au début des années 1990, le réseau internet s’ouvre à tous.
Au début des années 2000, le téléphone portable permet d’entrer en contact avec une autre personne là où elle se trouve.
Depuis 2010, ce que l’on appelle « téléphone portable » n’en est plus un : calculatrice, PC bien plus puissant que ceux d’il y a trente ans, appareil photos, accès à mille réponses immédiates à un problème donné. La tablette tactile connectée remplace maintenant le téléphone et l’ordinateur.

Révolutions

Depuis quarante ans, les outils de communication ont donc vraiment révolutionné le paysage des apprentissages, entraînant aux yeux des élèves des opportunité nouvelles d’apprentissage.
« Ce qui est rapide est efficace. »
« Ce qui est intuitif (et les dernières tablettes tactiles fonctionnent bien dans cet esprit) apporte de meilleurs résultats, permet de mieux choisir quand on apprend. »
« Ce qui est écrit est vrai. Quoi de mieux qu’une connexion immédiate sur le web pour vérifier, visualiser un tutoriel, une animation ? »
« Ce qui me convient pour aborder une situation problème est une approche multiple. Pour trouver images, vidéos, écrits, références, explications, quoi de plus simple que de saisir les mots clés sur un moteur de recherche ? »

Que reste-t-il alors de l’enseignant ?

Cela ne veut pas dire qu’il soit désormais absent. Sa posture dans l’accompagnement des élèves à ce stade est au contraire plus que nécessaire.
Et si nous agissions comme le co-pilote de rallye pour que le pilote qu’est l’élève puisse aller de l’avant ?
Et si nous utilisions les intuitions de nos élèves ? Ce sont des richesses qui permettent au groupe d’avancer, de vrais stimulants de notre pratique professionnelle.
Et si nous considérions que les outils d’aujourd’hui (tablettes tactiles connectées, classe mobile, TBI, animation 3D) favorisent les conditions d’engagement des élèves dans les apprentissages ? Face à une situation problème visant à susciter l’action, il ne s’agit plus pour les élèves de se retrouver devant un ordinateur pendant une séance. Il ne s’agit pas plus pour l’enseignant d’exposer des stratégies théoriques possibles. Il s’agit bien de permettre aux élèves d’être en mesure d’exploiter l’ensemble des ressources multiples existantes, d’interagir dans un dialogue co-constructif.

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Pas contraire…

Je suis persuadé qu’aujourd’hui et demain, le professeur est et sera plus que jamais un co-pilote qui par son action autorise et suscite l’engagement de chacun, tout en veillant à marquer clairement les éléments nécessaires de structuration pour que chaque élève construise progressivement ses représentations mentales dans l’action.

Le cadeau qui a remporté le marché de ces fêtes de fin d’année est bien la tablette tactile. Je l’ai vu dans les mains d’un enfant de 17 mois et dans celle de son grand père de 71 ans ! Je ne vous dis pas qui savait le mieux l’utiliser ! Nul doute que chaque technologie marque de son empreinte les formes d’apprentissage. Utilisons ce qu’elles apportent et enrichissons notre pédagogie de ce qu’elles ne remplacent pas. Ne soyons pas l’élément contraire, mais bien le complémentaire !

Etienne Poulin,
Professeur de mathématiques