Tout ne serait donc pas possible ? Dans un « Appel à la refondation de l’école », un aréopage de conservateurs et de déclinologues dresse un tableau catastrophiste et mensonger de l’école et des connaissances des élèves. Ils morigènent particulièrement l’école primaire, avec un grand mépris pour le travail et l’engagement dans leurs missions des enseignants.
Incapables d’imaginer des solutions d’avenir pour l’école, ils n’ont rien d’autre à proposer que de faire redoubler le système éducatif en le renvoyant aux années 50 par le retour de l’examen d’entrée en sixième, c’est-à-dire en clair de la sélection précoce : ce serait la fin du collège unique.
S’affirmant partisans d’une « promotion sociale par l’école », ils la réduisent à la réussite de quelques élèves alibis, dans une version appauvrie de la méritocratie, à un prétexte pour évacuer les gêneurs. Leur conviction profonde, c’est qu’il faut renoncer à transmettre à tous les élèves, quels que soient leur milieu et leur culture d’origine, une culture commune, des connaissances et des compétences de haut niveau. On sait pourtant bien qu’à l’école comme en sport, pratiques de masse et pratiques de haut niveau, loin de s’opposer, sont indissociables et complémentaires.
En tant que mouvement d’éducation nouvelle, nous ne nous satisfaisons pas de l’école actuelle, ne sommes pas partisans de l’immobilisme, mais d’une poursuite des efforts de démocratisation du système scolaire. Ce n’est pas d’excès de « pédagogisme » que souffre l’école, elle a au contraire ardemment besoin d’imagination et de créativité pédagogiques pour continuer d’avancer au service de la réussite de tous.

Communiqué de presse du CRAP-Cahiers pédagogiques
Le 25 avril 2007