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Réformer l’éducation

Revue internationale d’éducation de Sèvres, n°83, avril 2020

28 septembre 2020

Ce numéro fait suite à un colloque international (12 au 14 juin 2019) autour de la question : « La notion de réforme est-elle encore pertinente aujourd’hui ? ». Il s’organise autour de trois axes :
1. La réflexion sur le sens des réformes, des actions publiques et des questions essentielles et préalables qu’il faudrait se poser avant d’implémenter un processus de réforme ;
2. Les conditions nécessaires à mettre en œuvre soit la chaine des actes à poser ;
3. Le système d’informations ou des prises de données des systèmes éducatifs pour mieux se mettre en perspective à l’orée de 2030.

Entretemps, nos systèmes éducatifs ont été plus ou moins ébranlés par le confinement dû à la pandémie mondiale du COVID-19.

Les contributeurs de ce dossier couvrent de nombreuses régions du monde et en problématisant les processus incertains des réformes dans tous leurs complexités.

De la richesse de ce dossier, je ne recueille très modestement que quelques idées-forces à retenir et j’invite le lecteur à aller découvrir chacun des articles. 

Les réformes éducatives sont toujours des réappropriations au cours desquelles les acteurs les plus intéressés opèrent des tris, voire des détournements pour y trouver du sens. Les éléments nécessaires à une réforme ne sont pas toujours les mêmes selon les lieux, les acteurs qui les habitent. Certaines opportunités ainsi que la pertinence de certaines réformes, dépendent beaucoup de l’histoire et des dynamiques complexes des systèmes éducatifs, de la prise en charge par les acteurs eux-mêmes dans un partage de sens, dans une intelligence collective.

Les ambitions que nous avons au niveau des politiques éducatives concernant le rôle et la place des femmes restent un enjeu capital.

Une analyse et une évaluation des financements des réformes comptent et surtout leur suivi, dans une vision à long terme.

La mobilisation de tous les acteurs compte, surtout des acteurs locaux (personnes et institutions) qui connaissent bien la situation et ont mis en œuvre des actions bien avant que celles-ci soient repérées par les autorités. On devrait mieux connaitre les effets des réformes par des recherches empiriques, par des évaluations pour les réguler et rectifier le tir et ne pas s’arrêter à des promesses, voire des idéologies qui peuvent conduire à des impasses.

Les demandes des parents montrent parfois que l’école ne suffit plus comme unique organisme pour apprendre dans la compétition actuelle ; il faut développer des formes partenariales diversifiées. Il faut en fait repenser et renforcer les systèmes éducatifs pour qu’ils soient plus équitables, avec un personnel mieux formé, et des réformes pensées de façon systémique. L’école ne pas tout faire à elle seule mais elle doit s’élargir à l’éducation informelle et non formelle, pour constituer un réseau d’apprentissage. Et intégrer les jeunes dans la conception et le suivi des politiques éducatives qui les concerne, et détermine leur avenir.

Le dossier se conclut par un programme ambitieux pour réformer l’éducation. Il insiste avec force sur tous les leviers pour mieux réussir une réforme et tout le travail indispensable qu’il faut faire avec tous les acteurs concernés, et la liste est longue : les élèves, les enseignants, les parents, les chefs d’établissement, les communautés locales, les institutions de formation, les chercheurs, les institutions internationales, les associations de la société civile, les autorités. C’est l’intelligence collective et collaborative qu’il s’agit de développer, composée de strates dans la chaine des actes : strate des communautés locales d’apprentissage, strate « leading from the middle », strate de la vision éducative, strate de la vision sociopolitique. Tout cela en passant d’un scénario « de forme scolaire » qui s’ouvre à des formes partenariales même au-delà de ses murs.

Andreea Capitanescu Benetti

Le numéro complet est accessible à l’adresse suivante : https://journals.openedition.org/ries/9237


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L’éducation a besoin d’un horizon mobilisateur (1re partie), par Jean-Marie De Ketele