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N°395 : L’Éducation toujours nouvelle, coordonné par Marie-Christine Chycki et Jacques George

Un siècle d’éducation nouvelle

Editorial du dossier 1


Nous avons voulu, dans ce dossier un peu inhabituel, prendre le temps d’un regard sur l’histoire d’un mouvement qui a accompagné les grands moments du siècle écoulé. C’est en même temps de notre propre histoire qu’il s’agit, des origines du CRAP et des Cahiers.

Nouvelle ? Freinet l’a dit fort justement : « Il faut débarrasser notre verbiage pédagogique de ce mot “nouveau” ou “nouvelle”, qui nous a fait tant de tort, parce qu’il a fait croire que nous cherchons la nouveauté avant tout, alors que ce qui nous préoccupe exclusivement c’est de rendre plus rationnel, plus intéressant, plus efficace notre travail scolaire. »

Daniel Hameline donne à l’éducation nouvelle sa perspective, et rappelle qu’elle trouve ses racines bien avant dans l’histoire. Nous retraçons rapidement la formation de la nébuleuse éducation nouvelle à partir du tournant du xxe siècle. Jacky Beillerot propose une explication de l’hostilité sans faille que lui vouent les anti-pédagogues. André D. Robert montre les relations complexes qui se sont nouées entre l’institution et les courants novateurs.

L’éducation nouvelle prend corps de diverses façons. Elle se manifeste d’abord dans des écoles pas comme les autres, qui se conforment plus ou moins aux trente principes de Ferrière, dont Jean Houssaye revisite la pertinence. Le prototype en France en est l’École des Roches. En regard de cette école privée, chère, bourgeoise, nous avons voulu évoquer aussi l’orphelinat public de Cempuis et son éducation intégrale. Aujourd’hui, malgré la montagne de difficultés que les militants doivent surmonter, les demandes de création d‘établissements innovants se multiplient dans l’enseignement public, conformément au vœu des pionniers de l’éducation nouvelle.

Elle se manifeste aussi à travers les mouvements pédagogiques. Nous avons demandé à quelques-uns d’entre eux leur témoignage : quelques-uns seulement, faute de place, mais nous insistons sur les liens qui unissent entre eux des mouvements dont les valeurs sont proches.

S’il faut une conclusion à ce dossier, on la cherchera dans la deuxième partie de celui-ci : si les valeurs de l’éducation nouvelle sont toujours pertinentes, sont plus que jamais nécessaires, dans quelle mesure éclairent-elles les récentes réformes que nous sommes appelés à mettre en œuvre ?

Jacques George, Professeur honoraire, IUFM de Paris.