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Réussir l’école du socle en faisant dialoguer et coopérer les disciplines

Francis Blanquart et Céline Walkowiak. ESF éditeur, collection Pédagogies, février 2013

26 mars 2013
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Présentation du livre par Yannick Mével

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Céline Walkowiak

Les sculpteurs sur ballons. Trois expirations, quatre torsions, un peu d’air, beaucoup d’imagination, ils vous fabriquent n’importe quel animal, léger et coloré. Magique ! Céline Walkowiak et Francis Blanquart le font avec le socle commun. De cet agglomérat de connaissances et de compétences, fruit des compromis entre des rédacteurs aux conceptions incompatibles, ces auteurs font la matrice vivante d’une révolution pédagogique.

Amateurs de réflexion théorique et de grand style, passez votre chemin ! Ici on agit.

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Francis Blanquart

Ce sont deux enseignants de lettres et de technologie au collège de Loos-en-Gohelle. Ils ont une idée par jour. Au moins. Leur livre en témoigne. Ouvrez-le à n’importe quelle page, vous trouverez une frise chronologique pendue à cinq fils dans le hall du collège ; une heure d’aide externalisée transformée en heure de débriefing, une grille d’évaluation de l’oral, un planning annuel de concertation autour de la mise en œuvre du socle, de ces idées dont on dit «  c’est simple, il suffisait d’y penser  ».

Ce sont les champions du recyclage. Surtout ne pas gâcher. Un principe qu’ils énoncent ainsi : «  S’il ne reste, en définitive, qu’un bilan certificatif à la fin de la scolarité obligatoire sur des compétences que l’on n’aura pas explicitement construites avec les élèves, c’est qu’on sera passé à côté de quelque chose, d’une occasion unique d’apprendre à travailler ensemble dans les établissements, pour fédérer nos expertises professionnelles autour de l’acquisition des connaissances et des compétences de tous les élèves.  »

Heure de vie de classe, conseil de classe, conseil pédagogique, PPRE (programme personnalisé de réussite éducative), projet d’établissement, histoire des arts, journées de prérentrée, de solidarité, etc. Sans chercher les effets, dans une écriture de l’urgence, ils recyclent la pédagogie du XXe siècle : éducabilité, travail de groupe, projet, tâche complexe, métacognition, évaluation formative et formatrice, etc. «  Tout leur fait ventre  », dit le proverbe provençal.

Les premiers chapitres abordent la dimension institutionnelle (établissement, formation, évaluation). Conclusion : rien n’est possible sans une mobilisation collective des enseignants. Il ne s’agit plus de se répartir le travail, mais de travailler ensemble à la conception de situations d’apprentissage qui mobilisent chaque discipline dans sa spécificité et construisent chez les élèves les compétences «  de l’entredeux disciplinaire  ». Celles-ci sont questionnées ensuite : maitrise de la langue, contenus disciplinaires, autonomie. Préparer l’oral d’histoire des arts, un projet théâtre, une étude sur les migrants clandestins, autant entreprendre un dialogue exigeant entre les disciplines. Les contenus du socle servent à questionner, à fixer des objectifs transversaux, à donner du sens.

Enfin, l’ouvrage aborde le travail des élèves. La démarche est la même : en prenant au sérieux les mots (attitude, stratégie), les auteurs donnent vie au socle qui devient le pivot de projets collectifs et de prise en charge des élèves en difficulté.

Le dernier chapitre passe du dialogue des disciplines à celui des acteurs : élèves, parents, enseignants des écoles et des lycées, pour rendre le socle véritablement «  commun  », c’est-à-dire partagé. C’est le message du livre : emparons-nous du socle dans ce qu’il recèle d’opacité, d’ambigüité, de contradictions. Faisons de ces trous noirs des attracteurs étranges, des objets du débat. Là où d’autres dénoncent les incohérences, construisent l’embrouille pour éviter de se mettre au travail, posons la seule question qui vaille : qu’est-ce qu’on fait avec ça ?

Rien d’étonnant dans cette optique, lorsqu’ils quittent leur collège quelques jours dans l’année pour contribuer à la formation continue dans les établissements de l’académie, que leur premier souci soit de tendre l’oreille aux doléances des enseignants pour leur permettre d’élaborer leurs propres solutions.

Avec un peu de mauvaise volonté, il n’est pas difficile de faire du socle commun et du livret de compétences d’excellents instruments de torture des élèves et des enseignants. Saluons donc le livre de Céline Walkowiak et Francis Blanquart qui montre qu’avec de la bonne volonté, il est aussi possible d’en faire de formidables leviers de changement des pratiques, d’accompagnement des apprentissages et de développement du plaisir d’apprendre et d’enseigner ensemble !

Yannick Mével

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On croit trop souvent que l’approche pédagogique par les compétences conduit inéluctablement à la parcellisation des savoirs, à l’isolement des professeurs et des élèves enfermés à jamais dans le couple objectif / évaluation. Certains voient ainsi, derrière la mise en place de "l’école du socle commun", le déploiement d’une technologie anonyme dépersonnalisante et le quadrillage de toutes les activités scolaires sous l’emprise de "grilles" de toutes sortes...
Or Céline Walkowiak et Francis Blanquart nous montrent précisément, dans ce livre, que cela peut être tout à fait l’inverse : la pédagogie du socle commun permet justement aux professeurs de renouveler radicalement leurs pratiques pour une meilleure réussite de chacune et de chacun. Elle favorise, en particulier, le travail en équipe interdisciplinaire des professeurs, l’organisation d’activités diversifiées et mobilisatrices pour les élèves : elle associe le développement de la créativité des enseignants et celui de l’autonomie des apprenants. Elle permet de s’attacher, de manière rigoureuse, à la maîtrise de la langue et d’ouvrir sur des champs culturels très vastes, ressaisissant les programmes dans une dynamique de projet et une démarche de progression.
Organisé, de manière très concrète autour des pratiques scolaires de classe au collège et en seconde de lycée, cet ouvrage s’attache à tous les aspects de la pédagogie ouverte et innovante nécessaire à la réussite de "l’école du socle commun". Il permet de repenser l’organisation de l’enseignement et s’attache à donner à toutes les enseignantes et à tous les enseignants les outils pour travailler ensemble, au quotidien, avec plus de satisfactions professionnelles et d’efficacité à la fois.

Préface de Nathalie Mons

Programmation 2014-2015 Sommaire

1. Établir un calendrier et une stratégie de mise en place du socle commun
- Des problématiques communes
- Les trois axes de la mise en place : pilotage, réflexion et formation
- Déterminer une stratégie de mise en œuvre
- Les instances d’appui : conseils pédagogiques et conseils de classe, référents pour la mise en place et district

 

2. Se former aux changements de pratiques
- Un changement de pratiques avec les chefs d’établissement
- Un changement de pratiques pour les enseignants
- De nouveaux besoins de formation pour les enseignants
- Une appropriation de la réflexion pédagogique sur le terrain
- Des besoins de concertation nouveaux

 

3. Repenser l’acte d’évaluation
- L’évaluation, une entrée délicate dans le socle commun
- Le changement de pratiques d’évaluation
- Une évaluation à plusieurs mains
- Pratiquer une évaluation motivante

 

4. Travailler et évaluer la maitrise de la langue en équipe
- Articuler regards experts et regards transversaux
- Les pratiques de maitrise de la langue dans un établissement
- Un apprentissage transversal : l’oral

 

5. Construire la mobilisation des ressources nécessaires à la construction des compétences
- Un état des lieux des comportements d’élèves face à la mobilisation des ressources
- La concertation indispensable des équipes
- Des dispositifs pédagogiques pertinents pou construire une culture active
- Des stratégies pour apprendre à mobiliser les acquis
- Repérer les apprentissages invisibles, entre les disciplines

 

6. Construire la citoyenneté et l’autonomie
- Des compétences à construire
- Des séquences d’enseignement interdisciplinaires pour construire une citoyenneté active
- Des dispositifs pédagogiques pour construire l’autonomie des élèves dans les apprentissages

 

7. Outiller les équipes pour mettre en place les pratiques communes
- Relier en toute transparence
- Harmoniser sans unifier
- Mettre en valeur les spécificités disciplinaires à travers des actions interdisciplinaires
- La parole collégiale : une parole qui a besoin de repères

 

8. Construire les attitudes attendues dans le socle
- Des attitudes indissociables des apprentissages
- Identifier les attitudes attendues
- Des activités de classe qui construisent les attitudes
- Les remédiations sur les attitudes

 

9. Prendre en charge autrement les difficultés des élèves
- Porter un regard global sur les parcours d’apprentissage
- Mettre en place le travail d’équipe
- Déterminer des stratégies de remédiation
- Une autre pédagogie pour construire des compétences
- Différencier encore et toujours

 

10. Enseigner des stratégies aux élèves
- La place de l’« Apprendre à apprendre » dans la construction des compétences
- Des méthodes d’apprentissage à construire
- De la différenciation dans les méthodes

 

11. Communiquer sur les nouvelles pratiques
- Une culture propre à chaque établissement
- Communiquer avec les élèves et leurs parents
- Construire la continuité pédagogique école-collège-lycée

 

Conclusion

Le CRAP-Cahiers pédagogiques et le socle commun