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L’actualité éducative du n° 529 - Des maths pour tous

Québec : le débat, une formation à la participation citoyenne

Marjorie Vidal

Au Québec, l’oral fait partie des compétences que les élèves doivent développer, au même titre que la lecture ou l’écriture. Ils sont évalués sur leur capacité à «  communiquer oralement  » dans le cadre d’un débat en classe.

La langue française est-elle menacée au Québec ? Que pensez-vous des gens qui émigrent pour améliorer leurs conditions de vie ? Doit-on s’inquiéter de la téléréalité ? La femme au travail ou à la maison ? Tels sont quelques exemples de questions sur lesquelles les élèves québécois peuvent être amenés à débattre dans le cadre de leur diplôme d’études secondaires (DES, l’équivalent du baccalauréat).

Au cours de cet exercice, deux équipes d’élèves aux opinions divergentes doivent échanger sur un sujet sociétal controversé, qu’ils ont choisi ou bien qu’on leur propose, en suivant les règles strictes du débat. Le but est de convaincre l’auditoire du bienfondé de leurs arguments. Toutefois, cet exercice requiert beaucoup de préparation au niveau individuel et pour chaque équipe, puisque les élèves doivent s’appuyer sur de véritables arguments pour défendre leur point de vue. Ils sont notamment amenés à exploiter l’information pertinente, évaluer la crédibilité des sources, dégager l’influence du traitement médiatique, synthétiser leurs idées, proposer des actions possibles auprès des instances appropriées, etc. Bref, ce n’est qu’au bout d’une longue et rigoureuse démarche de recherche, au cours de laquelle ils doivent continuellement faire preuve de jugement critique, que les élèves sont en mesure d’élaborer un plan d’action pour faire valoir leur opinion.

Un exercice citoyen

Par-delà la simple joute oratoire, cet exercice permet aux élèves de pratiquer la délibération sociale, le débat ouvrant un espace de dialogue où peuvent s’affronter des points de vue, des valeurs et des conceptions du monde différents. Ils apprennent ainsi à faire preuve d’ouverture face aux opinions divergentes pour parvenir à une position nuancée. Plus globalement, c’est donc d’appartenance à la société dont il est question ici et cet exercice permet de développer chez les élèves une conscience de citoyen responsable. Le débat offre aussi aux enseignants un espace protégé pour aborder et échanger autour de sujets sensibles.

De nombreuses formules permettent de se livrer à l’exercice : débat parlementaire, contrinterrogatoire, plaidoyer, etc. Le débat peut être sujet à évaluation, mais aussi prendre la forme de cours optionnels ou se pratiquer comme une activité parascolaire, du secondaire à l’université, voire plus tard. Récemment, on a vu apparaitre des expériences pédagogiques de «  débat silencieux  » où les TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement) s’invitent dans la discussion, permettant ainsi de dépasser les limites géographiques du débat.

Certes, mettre en place la démarche didactique prend du temps. Toutefois, une fois prête, l’activité est facilement réutilisable et transposable, et permet de faire des liens avec les contenus abordés dans d’autres matières. Alors, prêts à débattre ?

Marjorie Vidal
Enseignante de français, doctorante en éducation

Références
Lizanne Lafontaine, L’évaluation de l’oral en classe, http://minilien.fr/a0brbu
Un site mis en place par un enseignant : http://minilien.fr/a0brbm
Un manuel pour aborder les sujets sensibles de la direction des services d’accueil et d’éducation interculturelle du ministère de l’Éducation : http://minilien.fr/a0brbr

Sur la librairie

 

Des maths pour tous
Plus que jamais, la question des «  mathématiques pour tous  » se pose. Elle implique qu’on cesse d’appliquer partout et à tous le même «  traitement  » mathématique, et qu’on prenne en compte le rapport spécifique aux maths que chaque élève a construit en fonction de son histoire scolaire, familiale, et personnelle.