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Actualité éducative du N°410 - janvier 2003

Qu’apprend-on à l’IUFM ?

Par Olivier Denyse, école primaire, 72220 Teloché. Caroline Gui, école élémentaire, 72340 Ruillé-sur-Loir.

Le principal acquis du passage à l’IUFM est, selon ces deux PE, d’être devenues capables de réfléchir sur leurs propres pratiques.

Cette question nous interpelle, nous PE3 qui venons justement de sortir de ce fameux IUFM. On n’y apprend pas forcément ce qu’il faut faire mais on y apprend ce qu’il ne faut pas faire ! En effet, l’IUFM ne donne pas de solutions prêtes à l’emploi, un répertoire de recettes instantanées pour répondre à toutes les situations que d’ailleurs ni l’IUFM ni personne d’autre ne peut donner. Néanmoins, il ne faut pas que cette impossibilité d’offrir des « recettes » devienne le paravent souvent invoqué derrière lequel un certain nombre de formateurs d’IUFM tentent, en vain, de dissimuler leur incompétence.

Qu’apprend-on à l’IUFM ?

En PE1, beaucoup de choses : une mise à jour des connaissances disciplinaires rendue indispensable par la diversité de nos parcours universitaires (par exemple des bases de linguistique), des notions de didactique générale et disciplinaire, une réflexion générale et philosophique (très précieuse) sur l’école et le métier d’enseignant et à bachoter un concours (quel dommage !).

En PE2, quoi qu’on en dise, on y apprend des choses et une particulièrement essentielle à nos yeux : la capacité à réfléchir et à analyser sa propre pratique de classe, à se poser régulièrement les questions qui en valent la peine. Plus qu’une capacité, il s’agit plutôt d’un état d’esprit que l’on essaie d’adopter dans l’exercice de ce métier. Il est vrai que l’on n’y apprend pas la pratique quotidienne de la classe (relation avec les élèves, organisation d’une classe sur une année, la vie d’une école...). Mais l’IUFM, dans son organisation actuelle, peut-il vraiment nous l’apprendre ? Peut-il, en 1 an (!) de formation professionnelle, aborder tous les aspects d’un métier dont la complexité constitue un obstacle dès lors qu’il s’agit de l’enseigner ? On acquiert cette connaissance sur le terrain, dans sa propre classe au contact de la réalité et de ses collègues, d’autant plus facilement que l’IUFM nous a donné, nous le croyons, un état d’esprit et des atouts qui le permettent.

Olivier Denyse, école primaire, 72220 Teloché.
Caroline Gui, école élémentaire, 72340 Ruillé-sur-Loir.