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L’actualité éducative du N°388/389 - Novembre 2000

Petite chronique de la naissance et de la vie d’une UE

Par Mado Hervy

À Saint-Nazaire, on la voit, la mer, du pré qui longe l’université. Tellement tentante que, malgré l’herbe haute, on s’approche... Et on repart pantalons et chaussures trempés de rosée.

Peu à peu, l’organisation de l’UE prend toute la place dans les réunions du CRAP 44. Peu à peu, l’équipe se forme dans le travail et la réflexion partagés. Dès le début, il a été convenu que tout serait débattu avec tout le monde : le dossier pour le ministère, la grille horaire, le choix des intervenants, le dossier des participants... tout ! L’UE c’est un ensemble, une logique, un esprit. On porte ensemble, on réfléchit ensemble, quelle que soit notre familiarité avec les Universités d’Été.

Les intervenants pressentis acceptent ou refusent, se désistent. Mais, comme un puzzle, cela se construit et c’est rassurant de sentir ces nouvelles forces, ces nouvelles convictions se joindre aux nôtres.

« À Saint-Nazaire, il faut absolument intégrer des paroles de luttes », Prennent alors place parmi nous nos amis militants : paysanne, paludiers, docker, compagnons de nos chemins habituels. Et cela, c’est important. Pour plusieurs d’entre nous, c’est un choix essentiel ; être d’ici, c’est être de ces luttes-là. Notre regard, notre action dans l’école y sont enracinés. Le succès de la soirée « Paroles de lutte » pendant l’UE, l’enthousiasme provoqué par la personnalité des invités, leur passion dans la parole, la force des combats racontés et partagés, notre difficulté commune à nous séparer... Autant de signes pour confirmer que notre choix était bienvenu.

L’équipe idéale ? Ça n’existe pas

En préparant l’atelier que j’ai coanimé, j’avais senti revenir à la surface, violemment, le regret des belles équipes passées : soudées, larges, nées dans l’opposition à une hiérarchie peu ouverte, rassemblant dans un même élan nos passions politiques et pédagogiques.

Changement d’école, changement d’époque : je sais qu’il me faut renoncer à ces moments exaltants. Inutile de les espérer encore, destructeur même de les attendre, Dans l’atelier, parce que d’autres expriment avec virulence ces mêmes désirs, je perçois enfin l’excès des miens. J’admets l’intérêt d’être moins exigeante si cela permet à des réticents d’essayer un premier pas. Plutôt que des équipes « parfaites » mais trop rares, mieux vaut construire des groupes plus restreints, plus limités dans le temps, plus modestes mais plus nombreux et intégrant un plus grand nombre d’enseignants.

Bref, au moment de l’évaluation de l’U E, j’écrivais que les participants à l’atelier m’ont aidé à faire le deuil de mon équipe pédagogique idéale. Un mois après la rentrée j’en vis les retombées positives.

Retour à la maison

« Bon finalement ton UE s’est bien passée ! Ouest-France a fait un article à ce sujet, je te l’ai mis de côté ! »

Et moi je l’ai rangé soigneusement.

Mado Hervy