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Actualité éducative du N°410 - janvier 2003

Le témoignage d’un jeune professeur

Par Delphine Troumeur, PLC 2, académie deCréteil


Si nous n’avions pas ces cours de pédagogie et de didactique à l’IUFM, je pense que nous aurions quelques difficultés à nous adapter à nos classes et à leur hétérogénéité. Les cours de didactique nous permettent d’échanger nos expériences mais aussi les problèmes que nous rencontrons dans notre métier. Nos formateurs (dont je tiens à souligner la compétence ainsi que l’amour du métier qu’ils transmettent) nous font part de leurs expériences professionnelles et répondent ainsi à certaines questions que nous pouvons nous poser. Les lundis didactiques sont souvent organisés à partir de nos demandes et de nos attentes. Le travail à l’IUFM m’aide dans l’organisation de mes cours et m’apprend à moins « charger » mes séances. J’ai souvent des difficultés à m’adapter au niveau de mes élèves et ai tendance à prévoir beaucoup trop de choses en une heure de cours. Nos formateurs nous ont appris à savoir renoncer à certains exercices et à travailler une séance de cours en ayant un objectif à atteindre.

Un lundi, nous avons réfléchi sur l’évaluation. Or, il m’apparaît bien difficile, en début de carrière, de savoir évaluer le niveau de ses élèves et d’adapter un barème approprié. La première évaluation de ma classe de seconde et le barème de correction ont été définis à partir de la réflexion que nous avions menée à l’IUFM. Lorsque j’ai rendu les devoirs, mes élèves m’ont demandé : « Madame, comment avez-vous noté nos travaux ? ». Le barème précis que j’avais élaboré m’a permis de ne pas être trop déroutée par cette question : je leur ai écrit au tableau la façon dont je les avais notés. Mes élèves ont, je pense, été satisfaits de la réponse : leur note était justifiée.

Finalement, les cours à l’IUFM sont pour moi indispensables pour éviter certaines erreurs que nous pourrions faire en tant que novices. Fermer les IUFM serait une erreur et risquerait, je crois, d’engendrer des problèmes. Ce sont les enfants qui auraient certainement à en subir les conséquences ; les jeunes professeurs doivent être suivis, surtout en cette première année où nous nous retrouvons face à des classes et à des situations nouvelles et variées. Le métier de professeur est passionnant mais difficile et demande un soutien en début de carrière.

Delphine Troumeur, PLC 2, académie de Créteil.