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N° 534 - Enseigner les langues aujourd’hui

Le numérique, support de l’anglais à l’école

Romance Cornet

Témoignage d’une enseignante du premier degré qui, depuis sa sortie de l’IUFM (Institut universitaire de formation des maitres), a pratiqué l’anglais dans toutes ses classes.

Je suis enseignante depuis treize ans et en CM depuis huit ans. Je n’ai jamais utilisé de méthode pour enseigner l’anglais, en revanche j’élabore mes programmations en fonction d’albums, de supports vidéos ou audios. J’utilise aussi les travaux de quelques collègues bloggeuses intervenantes en anglais. Je n’ai pas la prétention de la perfection, ni de l’exhaustivité, puisqu’en fin de cycle je dois tenir compte du vécu angliciste de mes élèves, ce qui change souvent le niveau. Mais j’essaie de faire en sorte qu’ils aient plaisir à pratiquer par les jeux, les chansons, l’oral.

Des pratiques diversifiées

Je fais une ou deux séances d’anglais par semaine dans ma classe, selon les projets en cours, avec une programmation sur deux ans, puisque je garde mes élèves.
J’essaie de relier le thème à ce que je fais dans ma classe par ailleurs. Par exemple, cette année, nous travaillons avec mes collègues sur l’alimentation, en sciences, comme en géographie ou en anglais. J’ai choisi comme support un album, The Very Hungry Carterpillar, ainsi qu’une chanson, I like to eat. À partir de l’album, je décline les compétences possibles en classe : couleurs, aliments, jours de la semaine, nombres. Nous alternons les temps d’apprentissage du vocabulaire, de jeu de questions-réponses en binômes, d’écoute musicale, d’écoute active d’une vidéo support, etc.

Les élèves ont à la fois des supports à manipuler (étiquettes, jeux, etc.), des supports à entendre (discrimination auditive, compréhension, etc.) et des supports à voir. De plus, depuis que j’ai un tableau blanc interactif en classe, je peux leur donner à voir en grand et manipuler avec eux.

Depuis que j’ai des outils numériques et qu’un nouveau cycle se met en place, il arrive cependant que ma programmation change en cours d’année en fonction de projets ponctuels : twittclasse, lien avec le collège.

Les outils numériques

Depuis trois ans, ma pratique s’est étoffée grâce à l’installation d’un tableau numérique interactif (TBI) et d’une classe mobile. L’avantage des outils numériques est que la pratique des langues s’en trouve diversifiée et enrichie. Je peux montrer plus facilement des supports vidéos et les exploiter, je peux, grâce au TBI, préparer ma séquence entièrement sur le logiciel, en incluant texte, image, son, vidéo.
Mais je peux aussi faire travailler les élèves différemment. Voici quelques exemples : j’utilise des outils tels que SpeakyPlanet ou English for Schools ; je fais créer des supports grâce aux enregistreurs et aux tablettes ; je fais écrire des textes destinés à d’autres classes (correspondants, lien avec la classe de 6e), mais aussi des textes pour la twittclasse : #english, #Ilike.

Le lien avec le collège

L’an dernier, avec la mise en place du conseil école-collège, une des professeures d’anglais a proposé de mettre en place des échanges entre ses classes de 6e et les écoles dont les élèves venaient.

Ainsi, cette année, nous avons déjà reçu de sa part des présentations vidéos et des énigmes à résoudre.

Nous avons, pour le moment, exploité les vidéos en classe : écoute active, reconnaissance des formulations, explicitation des mots inconnus.

Ensuite, nous avons décidé ensemble de notre réponse. Certains élèves voulaient se filmer, d’autres s’enregistrer, d’autres encore se servir de la tablette pour faire une capsule à l’aide d’Adobe Voice et enfin, l’un de mes élèves a pris en charge la saisie du courrier de réponse.

J’ai donc demandé à mes élèves ce qu’ils voulaient répondre aux 6es et nous avons formulé la lettre au TBI. Les élèves ont donné leurs idées en anglais à l’aide des mots et phrases déjà connues et j’ai juste remis dans l’ordre.

Il nous a fallu plusieurs longues séances le mercredi matin pour finaliser puisque les élèves, une fois répartis en groupes de travail, ont dû préparer leurs textes. Pour traduire au mieux leurs idées, je leur ai mis à disposition les traces écrites de leur classeur, un dictionnaire d’anglais, des traducteurs en ligne (avec ma surveillance pour la bonne traduction).

Ensuite, je leur ai fourni appareil photo, enregistreurs, tablette et ordinateur pour saisir et enregistrer. Certains groupes s’y sont pris à plusieurs fois tant que la prononciation n’était pas correcte, d’autres ont été renvoyés par mes soins à l’amélioration de la production.

Enfin, nous avons visionné les résultats pour valider leur travail.

J’ai envoyé, juste avant les congés d’hiver, les productions au collège, et nous attendons impatiemment le retour.

Des compétences partagées

La pratique d’une langue n’est pas évidente si elle n’est pas régulière et je trouve que depuis que j’ai introduit une dimension de partage dans mon enseignement, les élèves progressent mieux.

Le fait d’utiliser les supports numériques permet aux élèves de développer des compétences en langue plus efficaces (ils peuvent s’entendre et se voir, donc se juger), mais aussi transversales (jongler entre français et anglais lorsqu’ils veulent communiquer des idées à d’autres personnes, maitriser les outils informatiques et numériques, etc.).

Produire pour communiquer est fondamental. Lorsque les élèves synthétisent leurs connaissances ou cherchent de nouveaux mots pour partager avec les collégiens, ils développent bien plus de compétences que lorsque je suis seule face à eux.
Depuis l’introduction de la twittclasse, nous pratiquons l’anglais plus régulièrement, puisque les élèves sont amenés à partager leurs acquis avec d’autres lecteurs (classes ou parents ou public, etc.).

Enfin, le travail en binôme ou en groupe avec un objectif de partage développe chez les élèves la coopération et l’entraide, ce qui, à mes yeux, est une valeur essentielle.

Réussites et difficultés

Je suis ravie de faire évoluer ma pratique grâce au lien avec le collège, car il me permet d’être plus en accord avec les besoins des professeurs. Même si le lien est petit pour l’instant, je suis contente que des professeurs de collège envisagent enfin une coopération attendue depuis longtemps. La professeure d’anglais a d’ailleurs proposé à l’ensemble des collègues de primaire un document de travail commun sur les notions essentielles en anglais entre le primaire et la 6e.

Les réussites seraient pour moi l’échange rendu possible grâce aux outils numériques, informatiques, la motivation des élèves qui produisent pour les autres.

Les difficultés sont plus liées à la volonté des uns et des autres de vouloir mettre en place des actions communes et des travaux communs. Les élèves, eux, sont toujours ravis de travailler pour sortir de la classe, pour un projet, pour les autres, pour faire ensemble.

Romance Cornet
Enseignante en Savoie en CM1-CM2


La chaine YouTube de la classe : https://www.youtube.com/channel/UCM9PktERupi4eiTlZ8F9wrA
Le compte Twitter de la classe : @CMChampagneux
Mon compte Twitter : @Romypartage
Mon blog : lepetitcoindepartagederomy.fr

 

Coopérer entre élèves

 

Je me souviens de mes cours d’allemand de 3e, j’ai beaucoup aimé cette année-là.
Notre professeur avait mis en place un élève tuteur pour chaque élève un peu plus en difficulté en langues, et comme je m’ennuyais beaucoup (j’avais des facilités dans cette matière), j’avais vraiment aimé pouvoir m’impliquer.
Lorsque nous avions terminé un travail et que nous voyions nos camarades en difficultés, au lieu de bavarder, on allait aider. Cela nous aidait aussi à reformuler et bien apprendre nos cours.

Olga Pasquier, élève, 16 ans

 

Sur la librairie

 

Enseigner les langues aujourd’hui
Apprendre une langue étrangère, c’est à la fois une évidence pour tous et une difficulté pour chacun. Et les études internationales ne font que confirmer que les Français seraient mauvais en langues. Quelles sont les pratiques qui permettent à l’apprentissage des langues vivantes d’être bénéfique pour nos élèves ?


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