Accueil > Ressources > Nous avons lu > Il fait moins noir quand quelqu’un parle


Recension parue dans le N° 415 de juin 2003

Il fait moins noir quand quelqu’un parle

Coord. Alain Picquenot, CRDP Bourgogne, 2002.

6 juin 2003

Mais pourquoi donc la psychanalyse constitue-t-elle une référence forte et relativement présente aujourd’hui dans le monde de la pédagogie ?
Parce qu’à durcir ses représentations de l’élève comme sujet épistémique, la didactique oublie qu’apprendre et se socialiser ça ne se passe pas en laboratoire, mais au sein d’un tissu de relations conscientes et inconscientes ?
Parce que la sociologie, à se centrer essentiellement sur la réalité, omet la dimension symbolique que revêt toute activité humaine ?
Parce que la philosophie et sa fille, la réflexion éthique, posent des questions qui trouvent des éléments de réponse dans une manière d’être à autrui pour laquelle la psychanalyse peut apporter des éclairages ?
Ou plus simplement parce que la société en général redécouvre que comprendre le jeu des relations entre personnes conduit à interroger les mécanismes de transfert, de contre-transfert, de projection que nombre de revues aujourd’hui vulgarisent ? Pour toutes ces raisons à la fois et parce qu’il existe aujourd’hui des équipes de recherche en sciences de l’éducation reconnues, par les enseignants de terrain, pour leurs éclairages des problèmes rencontrés sur le terrain des questions d’apprentissage, d’enseignement, de formation, cet ouvrage est le bienvenu.
Plus encore, il est opportun et heureux car il permet de retrouver sous le même toit des auteurs de référence dans le domaine de la psychanalyse et de son usage pour la chose éducative. Dans l’ordre des articles : J.-C. Filloux (« Psychanalyse et pédagogie »), D. Quef (« Propos sur autorité et pouvoir dans la relation éducative »), J. Natanson (« Le désir d’enseigner : entre savoir et pouvoir »), C. Blanchard-Laville (« Plaisirs et souffrances des enseignants »), M. Natanson (« Il fait moins noir quand quelqu’un parle »), J. Lévine (« Le refus d’oublier »), F. Hatchuel, C. Blanchard-Laville (« Le rapport au savoir. Point de vue psychanalytique »), A. Cordié (« L’échec scolaire dans sa dimension individuelle »), J. Moll (« Les phénomènes de groupe et leur influence sur les apprentissages »), J. Pain (« De l’entre deux à l’entre lieux, la vie analytique du CPE »), F. Sala (« Éducation, management et psychanalyse : des liaisons heureuses »), B. Pechberty (« L’inconscient de l’établissement scolaire »), F. Imbert (« Imaginaire et symbolique. Repères pour les enseignants »), M. Cifali (« Travail de notre subjectivité, pour une dignité des actes »). F. Clerc en post-face évoque pédagogie et éducation : « Le retour de Laïos ». Le tout est coordonné par A. Picquenot.

Michel Develay