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N°404 : Des pistes pour changer le collège, coordonné par Jean-Michel Zakhartchouk

Des pistes pour changer le collège ?

Editorial du dossier 2


Ce dossier sur le collège est dans la continuité de nos rendez-vous de fin d’année scolaire : depuis deux ans, les Cahiers pédagogiques font le point sur les réformes en cours (voir n° 385, juin 2000 et 395, juin 2001). Dans ce numéro, il s’agit surtout de proposer quelques aperçus de ce que, sur le terrain, les « acteurs » mettent en place, comment ils s’y prennent pour faire évoluer le collège dans le « bon sens ». Cela passe parfois par l’application des réformes, mais surtout par l’appropriation pratique et ingénieuse des espaces qu’offre l’institution, pour en faire autre chose qu’une coquille vide ou un dispositif formel.
Nous présenterons quatre volets de ces changements modestes, dûs avant tout à l’énergie d’enseignants ou de responsables d’établissements dynamiques, conscients de leur mission si difficile (car ici, il est peu question de collèges de beaux quartiers) et motivés par le plaisir de voir évoluer positivement, fût-ce modestement, des situations parfois catastrophiques au départ.
Une première partie concerne l’accueil en sixième. Comment intégrer les élèves issus de l’école primaire au collège ? Comment ne pas réduire l’accueil à une simple accoutumance, comment surtout préparer les élèves à de nouvelles approches, de nouvelles façons de travailler et d’apprendre, pour éviter autant que faire se peut des échecs souvent si douloureux et amers ?
Une seconde partie traite de la manière d’aider les élèves en difficulté. On sait qu’un élève sur cinq en gros a du mal à suivre et se trouve en échec. Encore s’agit-il d’une moyenne nationale : dans certains collèges, ces élèves-là sont bien plus nombreux. Comment utiliser au mieux les structures existantes, depuis les heures d’aide et de remédiation jusqu’aux dispositifs plus spécialisés (comme les « classes relais ») ?
Puis, nous en venons à l’interdisciplinarité, qui tente de se mettre en place à travers les « itinéraires de découverte ». Nous reviendrons sur ceux-ci l’an prochain, en espérant que la mayonnaise va prendre. En attendant, on peut notamment tirer parti de l’expérience des « parcours diversifiés » et « travaux croisés » et aller de l’avant, sans nier les obstacles...
Enfin, nous terminerons par une perspective sur trois établissements et leur projet d’ensemble. Ces collèges innovent, ce qui leur permet de remonter la pente. Mais les difficultés demeurent ; la manière prudente et nuancée dont sont exposés ici les efforts faits pour accroître la réussite des élèves donne en fait plus de crédibilité à l’action. Inutile de nous bercer dans les « belles histoires de l’oncle Paul ». Nous sommes ici dans le réel, dans la trivialité du réel, loin des bruyants discours de déploration ou de dénonciation qui, eux, nous enferment dans le négatif et l’impuissance.
Il faut concevoir ce dossier comme un hommage qui est rendu à ceux qui, sans jouer les héros, sans se complaire dans le dolorisme ou le vertige des mots, nous ouvrent des pistes très concrètes, que chacun peut emprunter à sa façon.

Jean-Michel Zakhartchouk