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Billet du mois (Juin 2009)

C’est arrivé demain

Par Jean-Michel Zakhartchouk


Formidable, tout va bien maintenant dans notre école, et demain ça ira encore mieux, grâce aux mesures prises par les plus récents ministres :
Et depuis ce temps-là, tout semble y prospérer. [1]
Qu’on en juge !
La violence, les incivilités, les absences, tout cela a presque disparu devant la menace d’une mauvaise « note de vie scolaire ». Les rares problèmes restants seront bientôt réglés par la présence de médiateurs, innovation géniale à laquelle personne n’avait pensé jusque-là.
Les devoirs non rendus, les leçons mal apprises ? Cela n’existe plus, avec l’accompagnement éducatif. Reste à le généraliser encore davantage pour éliminer les dernières poches de résistance, en collège. En attendant la mise en place de l’accompagnement au lycée, malheureusement retardé d’un an suite à quelques fâcheux malentendus.
On sait très précisément quelles sont les lacunes et points forts de chaque élève : celui qui connaît l’orthographe lexicale et celui qui ne la connaît pas, celui qui sait réciter les symboles de l’Europe et celui qui ne sait pas. En avant vers un socle commun qui est beaucoup plus simple à mettre en place que ne le disent ceux qui veulent toujours compliquer les choses ! L’évaluation en CM2 a été un beau succès, malgré quelques ratés superficiels. On sait désormais où en est l’école française. Dans les résultats de 2009, on sent déjà l’influence positive des nouveaux programmes recentrés vers les fondamentaux.
Les élèves en difficulté ? Grâce à l’aide personnalisée à l’école primaire, ils sont de moins en moins nombreux. Comme quoi on peut joindre l’utile (ces heures où les élèves peuvent refaire en petit groupe avec leur maître la division à deux chiffres ou la conjugaison du passé composé) à l’agréable (le grand week-end pour les familles, avec la libération du samedi matin).
La formation des enseignants ? Dommage que les aléas de la vie universitaire diffèrent un peu la mise en route d’une formidable réforme. Bientôt, on verra l’afflux d’étudiants attirés par un métier mieux payé, la fin d’une dogmatique sophistication au profit d’un plus utile compagnonnage avec les professeurs chevronnés, et d’un apprentissage par la pratique, bien plus intéressant que les « simulateurs de vols » qui retardent inutilement le grand jour.
La culture ? Certes, les élèves doivent être initiés aux pratiques artistiques, mais avant de jouer les petits artistes en herbe, ils doivent connaître les bases. Grâce à l’enseignement de l’histoire des arts, tous ils sauront quand a vécu Rembrandt et pourront citer trois œuvres de Schubert. Et, plus, ils pourront aller facilement avec leurs familles au musée, désormais gratuit pour les jeunes. Ils aborderont très tôt les grands textes littéraires, grâce à des leçons bien structurées et des récitations nombreuses, si possible quotidiennes. La littérature de jeunesse garde sa place, mais à la maison, pour s’endormir le soir.
Les parents ? On a remis à leur place ceux qui voulaient trop se mêler de ce qui ne les regarde pas. En revanche, leur rôle est revalorisé : on leur demande constamment leur avis, comme on l’a fait avec l’enquête en ligne sur les nouveaux programmes du primaire. Le vrai dialogue est là, avec chaque parent, et non avec des associations politisées qui ne comptent dans leurs rangs qu’une minorité d’usagers.
Désormais, le ministre est constamment à l’écoute des enseignants, il sait séparer les avis bruyants de quelques-uns de ce que pense la grande masse, trop souvent silencieuse. Les plus vaillants peuvent gagner plus en travaillant un peu plus, le mérite est récompensé, comme il l’est chez les élèves.
C’est ainsi que se construisent des lendemains qui chantent. Quand on considère déjà les résultats obtenus, comment ne pas se montrer enthousiaste, comment ne pas croire qu’ensemble, tout est possible ?


[1Orgon, parlant de l’arrivée de Tartuffe dans son foyer (Tartuffe, de Molière)