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Violences scolaires : guide de prévention collège et lycée

Améliorer le climat scolaire, c’est possible

Interview de Caroline Veltcheff

9 avril 2014

« Agir sur le climat scolaire au collège et au lycée » vient de sortir, à destination des chefs d’établissements, des enseignants, mais aussi des gestionnaires, CPE ou infirmières. Chacun, dans ce guide clair et très concret, trouvera ce qu’il peut faire au quotidien pour maintenir un climat scolaire qui donne envie à tous de se retrouver pour travailler. Caroline Veltcheff, adjointe au délégué ministériel de prévention et de lutte contre les violences en milieu scolaire, Eric Debarbieux, nous en parle.


Comment ce guide a-t-il été conçu ?

Ce guide est un des témoins d’un large travail de la délégation pour la prévention et la lutte contre les violences. Depuis sa création, en novembre 2012, l’équipe s’est d’abord beaucoup déplacée et a rencontré 27.000 personnes, réseaux prioritaires, enseignants, chefs d’établissements. Localement, des groupes de travail se sont mis en place. Dans les rectorats, sur principe d’adhésion des recteurs, des cellules « climat scolaire » se sont constituées, pour que les gens se parlent, pour que les informations s’échangent. 23 académies sont impliquées. Mais des académies ont bien sûr des traditions anciennes très anciennes de traitement de ce problème.

Un objectif était de définir les rôles de chacun, un groupe autour des gestionnaires a par exemple fortement adhéré au projet, désireux de définir leur place et d’apporter l’idée que la notion de respect concerne tous les métiers dans un établissement. Peu à peu, des éléments sont ressortis : par exemple qui informer en cas de problème ? Ou encore comment se placer dans une situation de veille active ? Avec l’idée de créer des modèles adaptables à partager, de passer du contrôle à l’accompagnement, du traitement de la crise à la veille préventive. Pour ouvrir encore, il faut maintenant travailler avec les fédérations de parents, les acteurs éducatifs.

Une particularité de ce guide est de proposer des pistes très concrètes et souvent simples.

En effet ! Il faut dire que la notion de climat scolaire se pose de manière presque évidente. Lorsque l’on demandait aux gens « De quoi dépend un bon climat scolaire ? », très vite ils citaient les sept facteurs qui ont été retenus pour ce guide : la stratégie d’équipe , la justice scolaire , les pédagogies et la coopération , la prévention des violences et du harcèlement, la coéducation, notamment avec les parents, la qualité de vie dans l’établissement. Tous ces éléments forment un ensemble tout à fait cohérent, en réarticulant divers éléments, petits et grands, comme l’absentéisme, le harcèlement, et en mettant en chemin vers du positif, petit à petit. Plutôt que de se lancer dans un seul élément comme « la lutte contre le racisme », mieux vaut se concentrer sur le fait que le collectif fonctionne. Et l’on voit que chacun y a sa place. Dans la classe par exemple, moi qui ai été dix ans enseignante de lettres, je savais que des élèves brillants à l’oral ne voyaient pas cette compétence assez valorisée, et qu’il y avait quelque chose à faire sur l’évaluation pour que ces élèves soient reconnus. Avec cet esprit, dans ce guide les enseignants comme les autres catégories de personnels trouveront des éléments concrets et simples pour que chacun se sente en sécurité, reconnu.

Un signal fort est envoyé par les gens à la fin des conférences, lorsqu’ils viennent me dire : « C’est possible, alors... ». Oui c’est possible, et cela commence par des petits gestes.


Pour en savoir plus :
www.cndp.fr/climatscolaire
Télécharger le guide :
http://www.cndp.fr/climatscolaire/article/le-guide-agir-sur-le-climat-scolaire-au-college-et-eu-lycee-en-ligne.html

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Que recouvre l’expression « violences à l’école », sans naïveté, en sortant des oppositions simplistes, dramatisation ou minimisation, victimes ou auteurs, répression ou prévention ? Quel rôle peut tenir l’école ? Et si, au lieu de rêver à une école sans violence, nous construisions une école où l’on prenne soin de notre jeunesse ?