Jeudi, c’est l’anniversaire de Héléna. Elle a invité ses trois amis : Véro, Théo et Raphaël. Il faudrait partager le gâteau ! Elle se demande comment faire pour que cela soit juste, et qu’il n’y ait aucune dispute ce jour-là. Comment tu partagerais le gâteau toi ?

Raphaël avait sa solution :
– Il faut me donner la plus grosse part, parce que je suis le plus grand, et je dois plus manger qu’un petit.
– Mais non, répondit Théo, c’est à moi d’avoir la grosse part, je suis le plus petit, et je dois manger beaucoup de gâteau pour grandir.
Véro, se léchant les babines :
– Pour moi, j’adore les gâteaux, j’en ai le plus envie.

Doit-on tenir compte pour partager le gâteau des besoins de chacun ? Raphaël revint à la charge :
– Moi je suis le plus fort. Si je n’ai pas la plus grosse part, je vous donne une raclée.

La justice, c’est d’être le plus fort ?
Héléna pensait qu’elle devait avoir le plus gros morceau, parce que c’était son anniversaire…
Véro la contestait :
– Mais tu as déjà eu beaucoup de cadeaux aujourd’hui, pense aux autres !
Et Théo la taquina :
– Tu devrais même avoir le plus petit morceau, puisque tu as été gâtée par ailleurs.

Selon toi, qui a la position la plus juste ? Celui qui a le plus besoin ? Celui qui est le plus fort ? Celui qui a invité ?
La discussion continuait, très animée à l’idée de manger ce bon gâteau :
– Euréka, dit Héléna, le mieux est de partager le gâteau en parts égales.
Raphaël, précisa :
– Bien égales ! Toi tu coupes les parts ; et moi je choisis la mienne.
Héléna :
– C’est le plus juste, la même part pour chacun, comme cela il n’y a pas de jaloux.
Le jour dit, ce que redoutait Héléna se produisit. Sa mère entra dans la pièce avec le fameux gâteau :
– C’est le moment de partager le gâteau. Qui a eu les meilleurs résultats à l’école ?
Théo se précipita :
– Moi ! J’ai droit alors à la plus grosse part de gâteau !
Véro, un peu vexée, répondit :
– Oui mais moi, avec de moins bons résultats, j’ai plus travaillé que toi !
– On ne va pas parler de l’école un jour d’anniversaire, tenta Héléna…
Et comme elle tenait aux parts égales, elle renchérit :
– Et puis ce serait injuste d’avoir des parts inégales.
L’adulte semblait surprise :
– Pourquoi ? Ce n’est pas juste de donner le plus au plus méritant ?

Qu’en penses-tu ? Faut-il donner la plus grosse part au plus méritant ? Et le plus méritant, c’est celui qui a le meilleur résultat ou celui qui a le plus travaillé ? Passe dans la rue un enfant dont la famille a de gros problèmes financiers.

– Et si on donnait aussi une part à Laurent ?, dit alors, éducative, la mère de Héléna
– Il n’est pas invité, répondit Héléna.
– Le gâteau serait trop petit pour tous, ajouta Raphaël.
Véro, attendrie :
– Oui, mais il ne doit pas manger souvent de gâteau chez lui.
Elle avait convaincu Théo :
– Ce serait juste de lui donner aussi une part, s’il n’en a jamais !
– Et même peut-être la plus grosse part, reprit Véro.
– Qui est d’accord pour donner la sienne ?, demanda la maman.
Silence gêné dans le groupe…
Qu’est-ce qui est le plus juste :
– donner la même part à tout le monde (c’est l’égalité)
– donner la plus grosse part au plus travailleur ou au meilleur résultat (c’est le mérite)
– donner une part, voire la plus grosse part, à celui qui ne mange jamais de gâteau (c’est plus équitable) ?

Finalement Laurent fut invité, Héléna coupa le gâteau en parts égales et donna fièrement sa part à Laurent ; Théo et Véro eurent aussi droit à une surprise pour avoir bien travaillé. Tu aurais trouvé une autre solution ? Explique !
Dans la surprise de Véro, il y avait une devinette, qu’elle posa à ses amis.
– C’est mon anniversaire. Qui vais-je inviter ?
Je choisis :
– Ma petite sœur
– Mon grand frère
– Mon cousin et ma cousine.
– Ma tante.
– Mes deux meilleurs amis (meilleures amies).
– Les trois camarades de classe avec lesquels je m’amuse.
– Le fils de mon voisin.

Il y a du nouveau : ma mère n’acceptera que cinq personnes à inviter.
1) Quels sont les 5 personnes que je choisis, et pourquoi ?
2) Qui j’élimine, et pourquoi ?
Trouve une solution qui te semble juste, et dis pourquoi !

Élisabeth Bussienne, Michel Tozzi
Extrait de La morale ça se discute, Albin Michel, 2014.