L’égalité des chances est inscrite au cœur des valeurs démocratiques mais c’est une expression ambiguë, slogan politique justifiant la méritocratie et « label » appliqué à des actions disparates et sans cohérence. Elle se fonde sur un libéralisme prônant l’individualisme et niant les déterminismes sociaux. C’est ce que nous rappellent avec force des historiens ou sociologues de l’école dans ce dossier, qui cependant ne veut seulement déconstruire, mais proposer. Des collectifs (villes, établissements, équipes), mais aussi des enseignants qui tiennent bon sur les valeurs de leur métier, donnent ainsi de nombreux exemples de pratiques qui font avancer l’école républicaine et démocratique.
Peut-être alors faut-il préférer au concept ambigu d’égalité des chances celui d’égalité effective d’accès à l’éducation, à la formation, à la culture et à la qualification ? Choisir la réussite de tous plutôt que la seule méritocratie, promouvoir le travail souvent méconnu des enseignants et des équipes qui s’efforcent, au quotidien, de rendre l’école un peu plus égalitaire. Tout en sachant aussi que l’action de l’école est freinée par les inégalités fortes existant dans la société.