Prolongation de la scolarité obligatoire en 1958, création du collège unique en 1975 : c’est cette école « de masse » qui est accusée par certains de s’être fourvoyée, et par d’autres de ne pas répondre à la détresse de ceux qui la quittent amers et sans diplôme.
L’école n’est pas seule en cause et la politique scolaire ne s’y décide pas. Si l’école ne change pas assez, faut-il reprocher aux enseignants leur immobilisme alors que la société adresse globalement une demande très conservatrice au système éducatif ?

Il est donc important de combiner les dimensions qui s’entrecroisent dans la réalité des transformations éducatives : mesures institutionnelles (ZEP, rénovation de l’enseignement technologique, autonomie des établissements…), changements mis en œuvre par des individus et des collectifs qui trouvent des démarches inédites … ; innovations qui se diffusent …ou s’étiolent. Ce dossier en tout cas donne la certitude que nous devons être à la fois intransigeants sur la commande de démocratisation que nous adressons à l’école, et confiants dans les étonnantes richesses qu’elle recèle.

Cet ensemble est suivi d’un dossier sur l’école au Québec, un pays où l’on a fait le choix de tout miser sur les compétences : on fait le point sur les réussites et les dérives de cette réforme qui suscite de passionnants débats.