Cet ouvrage d’Arkan Simaan affiche un objectif particulièrement noble : rendre la science attrayante, notamment pour les jeunes qui en sont les destinataires. On appréciera effectivement la qualité didactique et pédagogique d’une démonstration qui ne lasse jamais, ne cédant pas à la facilité, restant toujours accessible, notamment grâce à son enracinement dans l’histoire : on y apprend beaucoup en comprenant toujours.
Parmi les thèmes qui structurent l’ouvrage, l’idée de liberté du savant est récurrente : comment ne pas être admiratif devant ces femmes et ces hommes qui ont dû concevoir, chercher à vérifier leurs idées, contre les forces religieuses, politiques et sociales ? C’est bien progressivement que le concept de raison l’emportera sur celui de dogme…
L’auteur nous montre ainsi deux dogmes majeurs de la conception de l’univers en train de s’effondrer : le centrisme, c’est-à-dire l’idée que l’univers a besoin d’un centre (où serait installée la Terre), et le fixisme, c’est-à-dire l’idée que l’univers est immuable, qu’il est figé. Si le premier dogme est développé dans son précédent ouvrage, L’Image du monde des Babyloniens à Newton (Adapt, 1999), le second est le véritable «fil rouge» de la traversée du monde scientifique de Newton à Einstein. On sait de quelle persévérance ont dû faire preuve les savants avant Newton pour avoir le droit de contester d’abord, puis de nier le géocentrisme ; une fois l’héliocentrisme avéré, les préoccupations des savants changent soudain d’échelle et de paradigmes : ils s’approprient la théorie de l’évolution et s’attaquent au fixisme ; cosmogonie et cosmologie (déjà si bien étudiées dans le premier tome) s’éloignent l’une de l’autre, on s’échappe du système solaire, au mieux on l’utilise comme levier démonstratif pour l’établissement des théories les plus passionnantes sur l’évolution de l’univers…Et comme le monde pourrait bien être en expansion, on se plaît à rêver avec Arkan Simaan aux nouvelles et futures théories qui replaceraient Einstein dans une histoire déjà lointaine.
Dans sa forme et par son fond, cet ouvrage est assurément une très belle contribution à la réflexion sur l’enseignement actuel des sciences. Il devrait rendre un grand service aux enseignants de physique, d’histoire et de philosophie désireux d’enrichir leur cours et/ou de réaliser un travail interdisciplinaire. Il mérite de figurer dans toutes les bibliothèques personnelles et dans les CDI.

François Galaup


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