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Cheminement d’élève et parcours avenir

Dossier coordonné par Peggy Colcanap et Richard Étienne


Ces dernières années, la vision ministérielle de l’orientation a évolué pour aboutir à la notion de parcours d’avenir. Le PDMF (Parcours de découverte des métiers et des formations) amenait l’élève à réfléchir sur le « comment » : comment vais-je aboutir au métier que je souhaite ? Quelle est la voie la plus pertinente ? La plus adaptée à mes capacités ? Le PIIODMEP (Parcours individuel d’information, d’orientation, de découverte des métiers et du monde professionnel) a été créé pour insister davantage sur la nécessaire personnalisation de la réflexion. L’individualisation du parcours a souvent laissé les élèves à distance et les professionnels démunis. Le parcours avenir est une nouvelle étape. Le changement de nom met toujours en avant la notion de parcours en la liant à celle d’accompagnement personnalisé. Nous vous proposons de l’explorer ainsi que les nombreuses questions qui restent en suspens :
Que signifie la notion de parcours ? Est-il encore possible de cheminer, de prendre le temps de choisir et de revenir sur ses pas, d’emprunter des passerelles ? Le choix d’un parcours linéaire est français, qu’en est-il dans les autres pays ? Pourquoi l’année de césure n’est-elle pas envisagée par les étudiants ?
Quels sont les premiers retours de la réforme du redoublement ?
Quels sont les élèves qui s’emparent du parcours avenir ? Quels sont ceux qui en sont exclus ? Les parcours sont-ils sociologiquement tracés ? Quel accueil par les familles et les associations de parents ? Comment faire évoluer les représentations ?
Quelle implication des enseignants, des CPE et des conseillers d’orientation-psychologues ? Comment le parcours avenir est-il accueilli au sein des établissements ?
Qu’est devenue la notion d’éducation à l’orientation ? S’est-elle précisée, enrichie ou a-t-elle perdu son sens originel ? Comment faire pour faire vivre ce parcours au sein de la classe ? Le parcours avenir a-t-il une chance d’être réel s’il n’y a pas d’heures dédiées ? Malgré des pratiques qui naissent ici et là, est-il une réalité concrète ou une simple injonction ministérielle ? Comment faire pour que les personnes se sentent concernées et changent leur manière de faire ? Comment outiller les profs pour les autres années que l’année de 3e ? Quels outils ou actions concrètes avez-vous mis en place, y compris pour les élèves performant ?
La notion de parcours est-elle réductrice ou au contraire permet-elle de prendre en compte l’élève dans sa globalité ? Comment mettre en place un accompagnement qui ne soit vécu ni comme une intrusion, ni comme une incitation à combler des places dans des voies de formation ? Parle-t-on encore de la fonction de tri de l’Éducation nationale ou est-on définitivement convaincu de la construction simultanée et globale de l’élève, du professionnel et du citoyen ?
Qu’en disent les élèves ? Des textes ou interviewes de collégiens ou lycéens seraient surement enrichissants et éclairants.
Connaissez-vous des expériences concrètes qui ont fait évoluer les choses sans qu’elles soient nécessairement liées aux injonctions ministérielles ? Avez-vous des exemples de ce qui peut fonctionner, de ce que l’on peut faire, des jalons, des idées…
Comment évaluer les dispositifs mis en place ? Avec quelle temporalité ?
 
Aujourd’hui apparaissent des tiers dans le domaine de l’orientation, des coachs, des tuteurs externes à l’école, des assistantes sociales, des éducateurs… Quels regards portent-ils sur l’action menée en établissement ? Que penser de ce nouveau domaine d’intervention des sociétés privées ? Fait-on une différence entre les élèves au collège, en lycée général technologique ou professionnel, en EREA ou en post-Bac ? Y a-t-il des différences entre la prise en charge par les établissements privés et le secteur public ?
Dans le cadre de la réforme du collège, comment le parcours avenir s’inscrit-il dans les nouvelles pratiques pédagogiques ? Est-il intégré aux enseignements pratiques inter-disciplinaires (EPI) ? Peut-on l’aborder en accompagnement personnalisé ? Quelles articulations avec les autres parcours ? Est-il intéressant d’utiliser le logiciel Folios qui est une application de suivi de son parcours à destination de chaque élève ? Enfin, dans le contexte de la redéfinition du socle, comment le passage du côté utilitaire des compétences à la notion de culture peut-elle avoir une influence sur l’élaboration du parcours par les élèves ? Comment ne pas s’enfermer dans la dernière version d’une impossible réforme de l’orientation en France et garder un esprit critique ?

On peut se féliciter du fait que les questions restent nombreuses, même si, depuis le dernier numéro des Cahiers pédagogiques sur le sujet, le changement de nom (de l’orientation au parcours) est passé inaperçu. Ne correspond-il qu’à une simplification langagière ?

Contactez-nous avant le 15 septembre 2016 pour nous proposer un sujet d’article, en une dizaine de lignes, qu’il s’agisse d’une fiche brève décrivant une séance, de l’analyse d’une action, d’une réflexion tirée d’un exemple vécu… Votre contribution, comme praticien, comme chercheur, comme observateur, comme partenaire, nous sera précieuse.

N’hésitez pas à vous lancer : nous pouvons vous accompagner dans l’écriture de votre article.

A bientôt !

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Peggy Colcanap :peggy.colcanap[at]cahiers-pedagogiques.com
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