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Faire ses devoirs. Quel accompagnement ?

Jean-Michel Zakhartchouk, Canopé, en partenariat avec les Cahiers pédagogiques, 2018.

24 mai 2018
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Le dispositif Devoirs faits, mis en place dans bon nombre de collèges à l’automne 2017, est censé contribuer à réduire les inégalités à l’école, en proposant aux élèves des temps d’accompagnement aux devoirs au sein des établissements.
Mais on ne peut l’isoler de ce qui se passe en amont et ce qu’on fait en aval de ce qu’il serait bon d’appeler plutôt «  le travail personnel de l’élève  »


Dans la collection «  Agir  », le livre de Jean-Michel Zakhartchouk, qui s’appuie notamment sur le réseau des Cahiers pédagogiques, est avant tout pratique. Comment concrètement peut-on accompagner les élèves pour qu’ils mémorisent, fassent des recherches, comprennent bien ce qu’on leur demande, réfléchissent au sens du travail scolaire, sachent refaire un travail non réussi… ?
Et comment en classe donner une place à ce travail personnel, comment l’évaluer, comment en faire autre chose qu’un rituel vide de sens, mais bien une contribution aux apprentissages. Plusieurs pages sont consacrées également à ce qui se fait en dehors de l’école (AFEV, PACQUAM) et au rôle des parents. Des témoignages, des fiches, et l’écho d’une longue expérience de l’auteur sur ce sujet.


Questions à l’auteur

 

Le titre du livre indique qu’on part du dispositif Devoirs faits. Mais l’expression «  devoirs  » est-elle la plus adéquate ? Ne faudrait-il pas plutôt parler du «  travail à la maison  » ?

Je suis parti de l’existant, le dispositif Devoirs faits, qui d’ailleurs est moins nouveau que ce qui est dit, comme c’est souvent le cas dans l’Éducation nationale où l’on recycle sous d’autres noms des choses qui ont déjà existé (études dirigées, aide aux devoirs, etc.). L’expression la plus pertinente serait «  accompagner le travail personnel de l’élève  », qui inclut les devoirs au sens large, les leçons, les recherches, et qui peut se faire dans plusieurs lieux différents, autres que la classe seule.

Le dispositif Devoirs faits ne devrait-il pas être une occasion de s’interroger sur le travail à la maison, ses objectifs, son utilisation en classe ?

C’est absolument essentiel. Le vadémécum publié par la Dgesco [1] (Direction générale de l’enseignement scolaire) du ministère de l’Éducation nationale, qui est plutôt bien fait, insiste là-dessus et c’est aussi au cœur de ce livre. Qu’est-ce qui, en amont, a amené un enseignant à donner tel travail ? Qu’en fait-on après ? Sachant que certains travaux sont plutôt des préparations, d’autres des recherches, d’autres des vérifications évaluables, d’autres encore la contribution à des projets créatifs, etc. Ce qui est au cœur de cet ouvrage, c’est la pédagogie et l’acte d’apprendre. Cela passe par le travail personnel aussi, mais s’il n’est pas articulé au travail en classe, cela restera un phénomène sélectif, avec certains élèves comprenant bien le sens de ce travail et d’autres pour qui ce ne sera qu’une corvée dont il faudra se débarrasser au plus vite (et une des façons les plus commodes est trop souvent de copier sur un camarade plus compétent).

À qui s’adresse le livre ? Aux parents, aux enseignants, à d’autres adultes intervenant auprès des enfants ? Et est-ce que cela concerne seulement les élèves de collège ?

Il est ciblé «  collège  », de par la commande de Canopé, même si l’existence du cycle 3 demande à ce qu’on aille voir du côté du primaire. Le livre s’adresse à tous ceux qui ont ou auront en charge des groupes d’élèves dans le cadre de moments d’accompagnement. Toute une partie concerne des interventions extrascolaires, avec des témoignages d’animateurs et d’acteurs de deux importantes structures associatives : l’AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville) et Pacquam (Promotion d’associations collège-quartier à Marseille). Et même si ce n’est pas le public principal, bien des parents pourraient tirer profit des outils proposés.

Comment avez-vous travaillé sur cet ouvrage, qui sont les contributeurs ?

Comme pour d’autres ouvrages que j’ai écrits, j’ai largement tiré parti du réseau d’enseignants du CRAP-Cahiers pédagogiques et au-delà : enseignants, chefs d’établissement, documentalistes, conseillers principaux d’éducation, mais j’ai pu aussi interroger plusieurs animateurs, notamment de l’AFEV, et des responsables institutionnels ou des chercheurs, comme Christine Félix, maitresse de conférences à l’ESPE (École supérieure du professorat et de l’éducation) d’Aix-Marseille, qui mène à Nice un travail de fond sur ces questions.

Finalement, les devoirs à la maison, est-ce «  bien  » ou est-ce «  mal  » d’en donner ? Y a-t-il une différence entre le primaire et le secondaire de ce point de vue ?

Ce n’était pas l’objet du livre que de discuter de cette question, dans un ouvrage réalisé avec une institution comme Canopé et dans le cadre d’une collection «  Agir  » qui doit surtout proposer outils et dispositifs. Je renvoie à tout ce que nous avons pu développer, avec Régis Guyon, dans le dossier du numéro 468 des Cahiers pédagogiques, «  As-tu fait tes devoirs ?  », en complément à ce livre. Il faut dépasser les querelles théologiques et la logique binaire. Le travail personnel est indispensable, tout ne peut être réglé dans la classe, on a besoin de réactivations dans un autre lieu, qui n’est pas forcément la maison. Ne pas donner de travail n’est pas plus un gage de progressisme que d’en donner. Tout dépend du contenu, de l’inscription dans une stratégie globale, le problème ne se posant pas de la même façon en primaire, au collège ou au lycée. Mais je voudrais insister sur l’importance du «  sens du devoir  ». Pour aider encore maintenant (même si je n’ai plus d’élèves) des jeunes à faire leur travail dans un cadre associatif, et ce, depuis plus de vingt-cinq ans, je constate fréquemment le manque de sens qu’ont les travaux à effectuer pour de nombreux élèves, qui pourtant passent du temps dessus, avec bien plus de bonne volonté qu’on ne le croit. Certes, les élèves doivent faire leurs devoirs, mais ils doivent surtout apprendre, c’est la seule chose intéressante, au final. Le mot «  devoir  » a d’ailleurs une connotation morale qui n’a pas d’intérêt, il s’agit bien de mettre tous les moyens pour qu’il y ait de solides apprentissages, l’appropriation de véritables connaissances (durables) et de compétences. Toute la communauté scolaire doit y réfléchir et ne pas réduire ces questions à de la technique.

Propos recueillis par Cécile Blanchard


Le sommaire

 

Introduction

Quels usages des devoirs ?

  • Un peu d’histoire
  • Les enjeux des devoirs
  • Les recommandations ministérielles
  • Les travaux demandés dans les disciplines

Pratiques et outils :

Comment préparer le travail personnel de l’élève ?

  • Préparer les élèves aux consignes des devoirs
  • Commencer le travail en classe
  • Bien préciser le statut du devoir
  • Permettre de refaire un travail peu réussi
  • Préparer ensemble les questions du futur contrôle
  • Entrainer les élèves à inventer des consignes et des questions
  • Mener des activités autour des consignes
  • Revenir régulièrement sur les questions de méthodes
  • Pratiquer la métacognition
  • Articuler Devoirs faits avec l’accompagnement personnalisé

Comment accompagner les élèves dans leurs devoirs

  • Aider à gérer son matériel
  • Aider à comprendre les consignes
  • Aider à répondre à des questions
  • Aider les élèves à mieux mémoriser
  • Aider les élèves à s’entrainer et à réviser
  • Aider à la lecture
  • Qu’en est-il de la classe inversée ?
  • La mise en place du dispositif Devoirs faits

Les devoirs faits, et après ?

  • Quelle évaluation ?
  • Le plan de travail
  • Remédiations
  • Lancer des recherches, assurer le suivi du dispositif Devoirs faits

Qui sont les acteurs des devoirs ?

  • Les acteurs dans l’école
  • Les acteurs hors l’école

Bibliographie - Filmographie

 

[1Tout savoir sur Devoirs faits - Vadémécum à destination des principaux de collège, téléchargeable en ligne


Sur la librairie

 

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