Grenelle de l’Education – ParcourSup – langues régionales

Un Grenelle de l’Education annonçant une revalorisation salariale mais un quotidien chahuté pour les enseignants, les personnels de direction et d’éducation. Pour les élèves, surtout ceux qui passent le Bac et attendent les résultats de ParcourSup, l’inquiétude est forte. Les langues régionales, mises en difficulté par le Conseil constitutionnel, se sont donné rendez-vous dans les rues.

Vendredi 28 mais 2021, alors qu’elle partait terminer sa semaine au collège, elle entendit à la radio l’annonce que la demi-jauge pour les 4e et 3e se terminait dès le lundi. Elle a passé la journée à s’informer et à attendre la confirmation de sa direction qui devait être aussi abasourdie que les professeurs de collège. Que dire aux élèves ? Que savent les familles de l’organisation de lundi ? Comment s’organiser en si peu de temps ? La cantine. Les cours à refaire. Les emplois du temps. A priori, c’est une nouvelle positive, liée à la vaccination galopante des enseignants et à la baisse des contaminations, mais ne pouvait-on pas leur laisser le temps de la mise en place avant le week-end et l’annoncer plus tôt par la voie officielle ?

Retour en classe complète lundi pour les 4e et 3e encore en demi-jauge dans quinze départements

Les élèves de 4e et 3e qui, depuis le 3 mai, suivaient les cours en demi-jauge dans les quinze départements les plus touchés par l’épidémie seront à nouveau en classe entière à partir du lundi 31 mai, a annoncé le ministre de l’éducation.  La demi-jauge reste en revanche maintenue dans les lycées.

Tel est le quotidien des enseignants français : l’adaptation, l’inquiétude, la résilience permanentes pour faire vivre des jours les plus normaux possibles à des enfants largement chahutés par la situation sanitaire, dans ce qui n’est pas vraiment de l’indifférence généralisée mais la critique, le mépris, la méconnaissance. Alors, certes, on devient chatouilleux, susceptibles, de moins en moins positifs, malgré les annonces de revalorisation salariale. Parce que, les annonces, même les médias n’y croient plus vraiment.

Revalorisation des professeurs ?

Grenelle de l’éducation : l’ambition d’une réforme « systémique » à l’épreuve du réel

Par Mattea Battaglia pour Le Monde

“Si le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, donne des gages en matière salariale, les discussions relatives au métier d’enseignant sont reportées à l’été.

Après plus d’une cinquantaine de réunions et deux grandes conférences (dont la FSU et la CGT avaient claqué la porte), Jean-Michel Blanquer a conclu cette grand-messe, mercredi soir, en prenant douze « engagements ». « C’est bien assez », diront ceux qui redoutent, depuis des mois, que des « contreparties » soient exigées au titre de la revalorisation. « C’est peu », réagiront ceux qui défendent une autonomie reconnue pour les établissements, de nouvelles règles pour le recrutement… Et, pourquoi pas, une remise à plat des décrets de 1950 qui régissent aujourd’hui encore les missions des enseignants (définies par un nombre d’heures de cours chaque semaine), même après le « dépoussiérage » opéré sous la gauche.

Si la hausse des rémunérations pour 2022 est chose acquise, grâce à une « enveloppe dédiée » de 700 millions d’euros, qui fait suite aux 400 millions inscrits au budget en 2020, la loi de programmation pluriannuelle censée garantir l’augmentation régulière des salaires, quelle que soit l’issue du scrutin présidentiel de 2022, est, elle, mise de côté. Rue de Grenelle, au ministère, on défend le maintien de sa logique, « par le dialogue social et la signature d’accords qui nous engagent ».”

Sauf, peut-être Marie-Christine Corbier  qui relaie les mesures annoncées dans les Echos :

“Des enseignants débutants revalorisés à 2.000 euros net par mois, des élèves qui devront avoir eu, en fin d’année, le nombre d’heures de cours prévu, des professeurs recrutés sur leur profil… Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé mercredi soir 400 millions d’euros de revalorisations et une série de réformes.”

 

Or, si les enseignants sont devenus très méfiants vis-à-vis des annonces gouvernementales, ils aimeraient que la revalorisation concerne également les personnes en milieu de carrière.

Grenelle de l’éducation : «On nous parlait d’une revalorisation historique et on n’y est pas»

“En conclusion de trois mois de concertation portant sur le futur de l’école, Jean-Michel Blanquer a annoncé de nouvelles primes pour les enseignants et l’objectif de se hisser parmi les pays rémunérant le mieux leurs professeurs. Pas de quoi convaincre Guislaine David, représentante du premier syndicat du primaire.”

La priorité désormais  est de revaloriser les milieux de carrière ?

  • C’est compliqué, c’est un petit peu de tout. Mais on sait qu’au bout de quinze ans de carrière, c’est là qu’on a le décrochage avec les pays de l’OCDE, avec un retard de 22 %.

Jean-Michel Blanquer affiche justement l’objectif de hisser la France dans «le peloton de tête des pays de l’OCDE» en matière de rémunération des enseignants. C’est du pur affichage ou cela vous semble possible ?

  • C’est du pur affichage, en tout cas il ne le fera pas dans un an. On n’a pas obtenu la loi de programmation pluriannuelle, donc, au-delà de 2022, on ne sait pas ce qui va se passer.”

Claude Lelièvre,quant à lui, nous rappelle que la revalorisation n’est, ni historique, ni sans précédent.

Revalorisation Blanquer: ni historique ni sans précédent!

“Ainsi, sans remonter très loin  dans le temps, on peut rappeler le « précédent » qui a justement précédé le ”ministère Blanquer” lorsque   la ministre de l’Education nationale  Najat Vallaud Belkacem a obtenu une rallonge de 3 milliards d’euros pour le budget 2017 (dont 814 millions pour la revalorisation des enseignants (500 millions pour les accords PPCR et 300 millions au titre de la hausse du point d’indice). Un montant supérieur à celui annoncé hier par le ministre actuel de l’Education nationale et sans l’horizon dominant des ”primes”

Quant à l’adjectif « historique »… En 2018, l’estimation du produit intérieur brut a été de l’ordre de 2300 milliards d’euros.700 millions d’euros, c’est donc 0,03% du PIB.  On est loin, très loin de l’augmentation de la part de la dépense intérieure d’éducation dans le PIB de 1990 à 1993 où l’on est passé de 6,6% à 7,6% (une augmentation de la part du PIB dévolue à l’éducation de plus de 0,3% par an, soit dix fois plus).”

Enseignants : La précarité progresse en Europe 

“La crise du recrutement des enseignants n’est pas une spécialité française. Une récente publication de la Commission européenne montre que 35 systèmes éducatifs européens sont en manque d’enseignants. Cette situation n’explique pourtant qu’en partie les progrès de la précarisation du métier enseignant sur le continent. Il en va aussi des choix politiques.”

Selon l’OIT, il faut soutenir les éducateurs afin qu’ils puissent contribuer à la construction d’un meilleur avenir du travail

“Les personnels de l’éducation ont besoin de soutien supplémentaire pour être en mesure de prodiguer les enseignements nécessaires à la construction d’une reprise plus robuste et plus durable après la pandémie.”

Langues régionales : incertitudes, colère et manifestations

Vendredi dernier, le Conseil constitutionnel a retoqué en partie la loi sur l’enseignement immersif en langues régionales, ce qui a provoqué l’inquiétude et la colère des écoles concernées qui ont manifesté samedi, malgré le soutien d’Emmanuel Macron.

Loi sur les langues régionales: les écoles immersives risquent-elles la fermeture ?

“La loi sur les langues régionales a été publiée dimanche au Journal officiel dans sa version édulcorée. Depuis vendredi, l’enseignement immersif est contraire à la Constitution. Cette décision plonge les écoles associatives, telles que Diwan, dans une grande insécurité juridique.”

Emmanuel Macron défend l’enseignement en immersion et se pose en « gardien » des langues régionales

“Le président de la République a publié un message sur Facebook pour saluer le travail de Diwan et des écoles immersives, cinq jours après la censure partielle, par le Conseil constitutionnel, de la loi Molac. Pour Emmanuel Macron, « les langues de France sont un trésor national ».”

Langues régionales. Entre 8 000 et 10 000 manifestants dans les rues de Guingamp, ce samedi

“​Mobilisées après la censure par le Conseil constitutionnel de deux articles de la loi Molac, des milliers de personnes sont dans les rues de Guingamp, ce samedi 29 mai 2021, pour défendre la langue bretonne, à l’occasion de l’arrivée de la Redadeg.”

Sète : les défenseurs de l’école occitane se sont donné rendez-vous dans la rue

Rassemblement à Bastia pour la défense de l’enseignement immersif de la langue corse

Langues régionales : mobilisation à Mont-de-Marsan pour la défense de l’enseignement immersif du gascon

Grand oral et Bac

Grand oral du bac, un exercice fécond ou inutile ? Tout dépendra de sa préparation
CHRONIQUE. “Si les élèves doivent acquérir la maîtrise et les codes de l’oral, ils doivent aussi rester eux-mêmes, estime notre chroniqueuse. Cela suppose que le système scolaire s’intéresse réellement à eux, tels qu’ils sont. Un changement de paradigme…” pour abonnés au NouvelObs.

 

Revue de Sèvres : Plaidoyer pour l’oratie 

“”L’oral revient en force”. Pour Daniel Coste (ENS Lyon) et Roger François Gauthier (IG), qui coordonnent le nouveau numéro (86) de la Revue de Sèvres, l’oral a un tapis rouge devant lui en France comme ailleurs dans le monde. Oui mais de quel oral s’agit-il ? Et comment l’enseigner ? Comment éviter que cet enseignement augmente les inégalités ? Les auteurs plaident pourtant pour une “oratie”, un vocable moulé sur la littératie. Et ils analysent le “grand oral”.”

 

Jean-Pierre VERAN estime, dans son blog, que :

“Passer du statut d’ « oral de rattrapage » à celui de « grand oral » au baccalauréat, voilà qui en dit long sur le début de revalorisation de l’oral en France. Le dernier dossier de la Revue internationale d’éducation sur l’oral en éducation permet de voir, sur quatre continents, la diversité des situations, des lignes de force d’évolution et des questions partagées.”

 

Derrière la formule « à la carte » des spécialités au lycée, des inégalités persistantes

Selon Alice Bouviala dans Le Monde  “Les données publiées en mai par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) confirment qu’il existe une grande variété de parcours, là où des critiques de la réforme pointaient le risque d’une reproduction à l’identique des anciennes sections (scientifique, économique et sociale et littéraire). Cependant, libérés des rails des anciennes sections, les choix de spécialité des élèves dépendent beaucoup de leur milieu social ou de leur genre.”

 

Le bac, une passion française

“La lecture de « La Grande Histoire du baccalauréat » de Robert Colonna d’Istria, revient à visiter un monument national, une institution française aussi symbolique des passions hexagonales que le jambon-beurre ou le Tour de France.”

Parcoursup

Orientation post-bac : l’inévitable stress de Parcoursup ?

“À partir du 27 mai, les lycéens reçoivent les réponses aux vœux d’orientation vers l’enseignement supérieur qu’ils ont exprimés sur Parcoursup. A cette occasion, il importe de se pencher sur les reproches adressés à cette plate-forme qui, depuis 2018, remplace le site Admission Post-Bac (APB). En effet, depuis son lancement, cet outil fait face à bon nombre de critiques : la procédure qu’il impose serait opaque, stressante pour ses candidats, en plus d’être particulièrement longue.”

L’article  d’Alban Mizzi – Doctorant en sociologie, Université de Bordeaux – est libre d’accès et fait l’état des lieux sur le fonctionnement de la plate-forme. C’est un moment difficile pour tous les lycéens, comme chaque année, mais compliqué par la situation sanitaire et scolaire.

Orientation post-bac: les lycéens attendent la boule au ventre

“Stressés, des lycéens de terminale attendent les premiers résultats, prévus jeudi 27 mai, des choix d’orientation qu’ils ont émis sur la plateforme Parcoursup. Toutes et tous espèrent trouver une formation post-bac qui leur convienne après presque deux ans d’école en temps de Covid-19.”

Parcoursup : une année inédite, sous le choc du Covid et du nouveau bac

“Les candidats à l’enseignement supérieur découvrent ce jeudi, à partir de 19 heures, les premières réponses à leurs voeux déposés sur la plateforme Parcoursup. Entre la crise sanitaire, la réforme du bac et le manque de places dans l’enseignement supérieur, les inquiétudes sont nombreuses.”

 Ces prépas du privé qui s’arrangent avec les règles de Parcoursup

“Certaines classes préparatoires prestigieuses demandent aux candidats des pièces complémentaires en plus de celles exigées par la plate-forme. Une pratique contraire aux principes de transparence et d’équité qui régissent la procédure.” dénonce Eléa Pommiers.

Louis Maurin : « La France des privilégiés en veut toujours plus »

“Cofondateur et directeur de l’Observatoire des inégalités depuis 2003, Louis Maurin a enquêté pour son dernier ouvrage sur la France aisée, ceux qu’il dénomme les « encore plus ». Contrairement à ce qu’ils prétendent, ceux-ci traversent les crises allègrement. Pire, ces classes privilégiées, en se présentant comme des victimes, détournent sur d’autres l’attention médiatique et les efforts à réaliser, et désignent des boucs émissaires, les « assistés » et/ou les étrangers. Une fracture que la crise économique et sociale déclenchée par la pandémie de Covid-19 ne fait qu’aggraver.”

Mais il fait soleil, le printemps est revenu et on peut en profiter autour d’un verre en terrasse.

Catherine Rossignol

 

Sur la librairie des Cahiers pédagogiques

N°569 – Enseigner la créativité ? 

Dossier coordonné par Caroline Elissagaray et Angélique Libbrecht

mai 2021

L’injonction à la créativité est répandue dans le monde du travail, mais à l’école, elle semble souvent réservée aux petites classes ou aux filières artistiques. Dans ce dossier, nous envisageons cette notion comme compétence à développer et comme levier pour les apprentissages à tous les âges et dans toutes les disciplines