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La pomme d’or - Le lycée de Lorient à Guéméné (1943-1945)

André Daniel. Édition à compte d’auteur, disponible chez Jean Tréhin, 115, route de Larmor, 56100, Lorient.

12 octobre 2000

Nous sommes en 1943, les bombes ont écrasé Lorient. Les élèves et leurs professeurs ont pris le chemin de Guéméné pour s’installer à l’hôtel de la Pomme d’or d’où ils continuent à apercevoir les lueurs qui régulièrement embrasent le ciel au-dessus de la ville où sont restées leurs familles. Entre les soldats allemands qui traquent les réfractaires du STO jusque dans les dortoirs et le cochon Adolphe qui engraisse dans un coin, la vie scolaire continue pourtant avec ses petits événements insignifiants, ses préoccupations de profs et de potaches, ses petites transgressions et ses grandes questions... et toujours la faim qui tenaille.

Qu’est-ce qui fait qu’au fil des pages, disposées comme un puzzle, les souvenirs répétés par les différents témoins produisent cet écho qui, en mettant en résonance les plus petits détails et les bruits de la guerre, anime un temps arrêté dans l’exception d’un exil, allie l’angoisse et l’insouciance et nous renvoie l’image d’une école aux portes de laquelle la vie et la mort et les immenses angoisses d’un monde déchiré hésitent à se manifester ?

Une nuit de bombardement sur Lorient, Ptit Père, le boute en train du lycée a disparu. Inquiétude et silence. On le ramène le soir suivant entre deux gendarmes. « Il était parti à pied vers Lorient pour prendre des nouvelles de sa famille ». Mais les frères Trébuil, eux, arrêtés en pleine nuit au milieu de la terreur générale et le professeur Mazé ne reviendront pas. Leurs noms sont inscrits au nombre des suppliciés de la Résistance.

Pourtant les photographies qui illustrent ce récit sont des images d’un étrange bonheur et les évocations du passé douloureux, ressassées à plusieurs voix, sont de celles qui forment une « mémoire » où l’école joue un rôle tout à fait singulier.

Pierre Madiot