Yannick Mével

membre du comité de rédaction directeur de publication adjoint
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professeur d'histoire géographie EMC honoraire en collège et lycée puis formateur d'enseignants en IUFM/ESPE/INSPE dans l'académie de Lille. Auteur de Yannick Mével et Nicole Tutiaux-Guillon, Didactique et enseignement de l'histoire-géographie au collège et au lycée, Publibook-Université, 2013. Membre du comité de rédaction depuis mai 2005 Directeur de publication de 2017 à 2025.

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La théorie des dominos La théorie des dominos

Juillet 1949. Tandis que Luis Mariano chante « c’est magique », l’Assemblé nationale ratifie le traité de l’Atlantique Nord. Celui-ci participe de la politique d’endiguement par les États-Unis qui craignent qu’après les pays d’Europe centrale et de l’Est, certains pays d’Europe de l’Ouest basculent dans le camp soviétique. Cela entrainerait l’ensemble des pays d’Europe occidentale, comme […]

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 10 min
La théorie des dominos
La texture du temps La texture du temps

Mars 1994. La jeunesse est dans la rue. Contre le CIP (contrat d’insertion professionnelle). Le Premier ministre Édouard Balladur n’y voit que le retour cyclique des manifs de printemps. À la fin mars, il sera contraint de renoncer au projet. Mais la droite y reviendra, c’est cyclique. Il aurait pu s’en douter : en cherchant dans le dictionnaire un synonyme de cycle, il aurait trouvé « révolution » ! Jean-Claude Fontaine, le coordonnateur du dossier des Cahiers pédagogiques du mois, « Enseigner par cycles à l’école primaire », présente ainsi la question : « L’école vit à l’heure des cycles. “Encore une réforme ? Non, une révolution.” Mettre l’enfant au centre du système éducatif dans le cadre d’un projet d’école qui tend à réaliser les objectifs nationaux en tenant compte des circonstances locales, quel programme ! » Voilà trois ans que l’école élémentaire a été réorganisée en cycles, c’est le moment de faire le point et d’engager des perspectives et des débats : à quelles conditions les cycles donnent-ils le temps d’apprendre aux élèves ? Le temps de différencier aux enseignants ? Claude Thélot, alors responsable de la Direction de l’évaluation et de la prospective, est interrogé dans le dossier : « Faut-il consacrer le maximum de temps aux connaissances de base dans la pratique de la classe ? » Il répond : « Je crois qu’il y a un aspect temps consacré à tel ou tel apprentissage, mais ce qui compte surtout, c’est la texture de ce temps. » Le premier article du dossier, que nous reproduisons ici, situe la mise en place des cycles dans la longue durée d’un siècle d’innovation pédagogique et se termine par un rendez-vous fixé « dans trente ans ». Son auteur nous pardonnera d’être un peu en avance : nous sommes entrés dans un nouveau cycle ! YANNICK MÉVEL

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 11 min
La texture du temps
Les objectifs selon Suzanne Citron Les objectifs selon Suzanne Citron

Novembre 1976. « Rue-toi, Rue-toi dans la rue, Rue-toi dans les brancards » chante pour la première fois en concert Jean-Louis Aubert. Dans Politique Hebdo, Michel Foucault semble lui répondre : « Il y a bien des années maintenant qu’on ne demande plus à l’intellectuel de jouer ce rôle. Un nouveau mode de “liaison entre la théorie et la pratique” s’est établi. Les intellectuels ont pris l’habitude de travailler non pas dans l’ “universel”, l’“exemplaire”, le “juste et le vrai pour tous”, mais dans des secteurs déterminés, en des points précis où les situaient soit leurs conditions professionnelles de travail, soit leurs conditions de vie. Ils y ont gagné à coup sûr une conscience beaucoup plus concrète et immédiate des luttes. » Dans les Cahiers pédagogiques, Suzanne Citron illustre très exactement cette définition du rôle des intellectuels, en même temps qu’elle affiche toute l’énergie d’une révolte qui n’a jamais cessé de l’animer. Pourtant, le thème du dossier, « Pédagogie par objectifs », pourrait sembler un objet technique un peu froid, bien éloigné de la passion dont elle était porteuse. Suzanne Citron a été un peu moins de dix ans membre du comité de rédaction des Cahiers, elle y a écrit quelques textes forts. Finalement assez peu. Mais elle a beaucoup contribué à la réflexion collective. À l’heure de saluer son départ, c’est un texte d’un collectif qu’elle animait que nous offrons au lecteur, qui y lira une conception des objectifs plus proche des compétences d’aujourd’hui, et un exemple d’analyse d’un concept dont la rigueur et la vigueur préfigurent son magnifique essai de contremanuel d’histoire, L’histoire des hommes, paru chez Syros en 1996, et nous rappellent qu’il n’est pas de pédagogie sans conscience politique.

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 10 min
Les objectifs selon Suzanne Citron
Professeurs, vous êtes vieux Professeurs, vous êtes vieux

Mars 1969. Cette fois vraiment, ils s’ennuient. Les Français. La radio leur joue la boucle de violons de l’orchestration du refrain de l’Irlandais David McWilliams et ses paroles à aller vous noyer dans la Lagan : « Watched by a shivering sun, Old eyes in a small child’s face Watching as the shadows race, Through […]

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 12 min
Professeurs, vous êtes vieux
Histoire, présent et vigilance Histoire, présent et vigilance

Décembre 1999. À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits de l’homme, Mme Mary Robinson, haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, rappelle : « La dernière Journée internationale des droits de l’homme du siècle a une signification particulière. Nous pouvons nous montrer encouragés par les grands pas que nous avons effectués, au cours des cinquante dernières années, dans la création de normes globales des droits de l’homme. Mais nous devons être honnêtes et reconnaitre à quel point cette performance reste éloignée de l’objectif des droits de l’homme pour tous. Qui peut être optimiste face à l’un des siècles les plus sanglants de l’humanité ou en sachant que malgré le serment que le génocide ne se reproduira jamais, il a défiguré le monde plus d’une fois au cours de la dernière décennie. » Les Cahiers pédagogiques ont choisi ce thème pour le dernier dossier du siècle : « Mémoire, Histoire et vigilance ». Dominique Natanson y apporte deux contributions. La première retrace l’histoire d’un enfant juif déporté de Soissons, Maurice Wajsfelner, dont le collège où l’auteur travaille porte le nom. La seconde nous fait entrer dans l’intimité de l’enseignant qui fait découvrir Nuit et Brouillard, le film d’Alain Resnais (1956) à ses élèves de 3e. Il donne alors à lire ses certitudes et ses doutes, ses choix et la façon dont ils sont reçus par ses élèves, avec toute la simplicité et l’honnêteté qui caractérisent ce militant de tous les antiracismes et de tous les droits humains. Dominique a fait l’objet récemment d’une absurde, arbitraire et brutale interdiction, sans aucune justification, d’intervenir dans deux lycées d’Aurillac à l’invitation du MRAP du Cantal. « Qui de nous veille de cet étrange observatoire ? » Yannick Mével

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 10 min
Histoire, présent et vigilance
Si tu vas à Mycènes Si tu vas à Mycènes

L’enseignant, s’il veut susciter l’intérêt, parfois modéré, de ses élèves pour les vieilles pierres, doit savoir user à la fois de science et d’artifice. Parce que faire de l’histoire, c’est tout à la fois rêver, imaginer, dévoiler, révéler.

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 12 min
Si tu vas à Mycènes
La métaphore du pli La métaphore du pli

Octobre 1991. « Everything I do – I do it for you. Don’t tell me it’s not worth tryin’ for », chante Bryan Adams dans Robin des bois, prince des voleurs. N’aurait-ce pas été un bon slogan pour les tout jeunes IUFM (Institut universitaire de formation des maitres) naissant ? Ils sont tous neufs, sortis de l’œuf, du […]

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 14 min
La métaphore du pli
Les discours de la méthode Les discours de la méthode

Il y a quelques mois, les Cahiers pédagogiques ont publié un dossier sur le thème de la classe inversée. Nous tentions d’y montrer la diversité des pratiques, leur relation avec de multiples courants pédagogiques, l’inventivité, le recyclage, les continuités et ruptures avec la forme scolaire que cette orientation engage. Il en résultait un tel kaléidoscope […]

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 4 min
Les discours de la méthode
Tyranno Tyranno

Faire vivre aux futurs professeurs des écoles en formation un entrainement au questionnement à partir d’un album jeunesse : une façon de les préparer à conduire avec leurs futurs élèves ce même questionnement dans le cadre de l’EMC.

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 13 min
Tyranno
Pédagogite ? Pédagogite ?

Mai 1972. « Qui saura ? », demande Mike Brandt sur toutes les radios, relayant, sans doute sans vraiment le savoir, les interrogations des intellectuels médiatiques du moment, effrayés par les transformations de l’école de leur temps. Les polémistes réactionnaires ont alors un cheval de bataille, que l’on a pris depuis l’habitude de nommer le « plan Rouchette ». Cette commission, réunie entre 1963 et 1966 sous la présidence de l’inspecteur général Maurice Rouchette, avait produit un « projet d’instructions pour la rénovation de l’enseignement du français » qui visait à permettre « à tous les élèves » d’accéder à la maitrise de la langue et de sa lecture. De reports en reports, d’expérimentations en rapports, de projets de programmes en projets de circulaires, le « plan Rouchette » fut finalement publié en janvier 1971 et une version édulcorée votée par une nouvelle commission en décembre 1970, suivie d’une version dite « d’apaisement » en 1972. Entretemps, la « guerre du français » avait fait rage. Les Cahiers pédagogiques y ont participé. Ainsi, tandis que le dossier du mois « Lire » propose des façons de faire aux enseignants, la rubrique « Question à suivre » publie le texte dont je vous propose des extraits. Il s’agit d’une réponse à deux articles de l’inénarrable Revue des deux mondes, dont le numéro de septembre 1971 avait fait grand bruit, notamment parce que deux des principaux agitateurs de l’opposition au changement (Raymond Picard, qui titrait son article « Pédagogite », et Frédéric Deloffre) s’y étaient déchainés, étalant leur ignorance de la question et étalant leur mépris social. Mais si, il s’agit bien d’un texte qui a 45 ans, le style en témoigne, le fond est, hélas, tellement d’actualité qu’on pourrait s’y tromper ! Qui saura ? Yannick Mével

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 12 min
Pédagogite ?