Yannick Mével

membre du comité de rédaction directeur de publication adjoint
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professeur d'histoire géographie EMC honoraire en collège et lycée puis formateur d'enseignants en IUFM/ESPE/INSPE dans l'académie de Lille. Auteur de Yannick Mével et Nicole Tutiaux-Guillon, Didactique et enseignement de l'histoire-géographie au collège et au lycée, Publibook-Université, 2013. Membre du comité de rédaction depuis mai 2005 Directeur de publication de 2017 à 2025.

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Les étudiants adorent, le formateur déteste Les étudiants adorent, le formateur déteste

Construire avec ses élèves le règlement de la classe, et faire qu’il soit ainsi mieux compris et mieux respecté, qui n’en rêve pas ? D’accord, mais sans naïveté, et en mesurant bien les apprentissages induits par les dispositifs que nous choisirons pour cela, et les significations qu’ils produiront.

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 18 min
Les étudiants adorent, le formateur déteste
Citoyen, laisse pas béton ! Citoyen, laisse pas béton !

Décembre 1987. « Tonton, laisse pas béton », proclame Renaud dans Le Matin de Paris, lançant ce que l’on nommera bientôt la « tontonmania ». Cette forme à peine distanciée d’idolâtrie médiatique et politique du président-candidat Mitterrand marque, en France, une nouvelle étape dans la « peopolisation » de la vie politique et la régression de la vie démocratique. « Le retour de l’éducation civique est trop récent et trop modeste pour qu’on puisse en dresser un bilan », écrit au même moment Jacques George dans l’avant-propos du dossier du mois des Cahiers pédagogiques, intitulé « L’éducation civique, c’est l’éducation ». Cette coïncidence ferait presque un programme, que Jacques George exprime ainsi : « Nous prenons l’éducation civique au sérieux. Plus que le ministre ne le fait lui-même. » Et il cite Antoine Prost (dans Les Lieux de mémoire, tome 1) : « La République, ce n’est pas l’obéissance inconditionnelle, la soumission aux autorités naturelles comme la famille, l’armée ou la monarchie. C’est le suffrage universel… Pour que la République fonctionne bien, il faut donc des citoyens éclairés et vertueux qui intériorisent les contraintes du contrat social. C’est pourquoi la République ne se conçoit pas sans l’instruction et l’éducation. Il lui faut donner à chacun les connaissances nécessaires pour remplir son rôle de citoyen actif d’une démocratie. » Le chemin parait long, dans la société et dans l’école. Par quelques brèves qui émaillent le dossier et dont nous publions deux exemples ici, Patrice Ranjart rappelle l’école à ses responsabilités. Trois ans plus tard, dans le numéro 284-285, Jacques George revient sur le sujet dans un billet du mois dont les derniers mots n’en appellent pas à l’homme providentiel, mais à l’engagement de chacun : « Bougeons-nous ! » Yannick Mével

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 10 min
Citoyen, laisse pas béton !
La cantoche La cantoche

Quand j’étais petit, à la cantine, on mangeait (ou pas) tous la même chose. Il y avait un seul menu. À l’école primaire, les madames nous apportaient les plats et nous servaient en nous disant qu’il fallait tout manger et surtout ne pas gâcher. On mangeait. Ou pas. C’était dégueu. La cantine, c’est dégueu, tout le […]

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 4 min
La cantoche
Modernes, les maths ? Modernes, les maths ?

Janvier 1973. Il n’y a plus rien. Finie la guerre au Vietnam. Déjà se profilent le ralentissement de la croissance et l’inversion de la conjoncture économique. Il n’y a plus rien. Plus d’argent dans les tiroirs-caisses, sauf peut-être celui des Pink Floyd de l’autre côté de la lune. « Il n’y a plus rien, plus plus rien ! », hurle Léo Ferré qui ajoute : « Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la gueule à nos ainés. » Tout un programme ! Tiens, parlons-en des programmes : « Il n’y a plus rien dans les cours de maths, nos enfants ne sauront bientôt plus compter avec leurs maths modernes ! » Ah les maths modernes ! Elles sont entrées en 6e à la rentrée 71. Moi aussi. Je m’en souviens parfaitement. Enfin, je me souviens de notre professeur. Au début de chaque cours, il faisait venir au tableau l’un d’entre nous pour corriger les exercices et, si l’impétrant se trompait, il ricanait en lui disant « Mais enfin, n’importe quel imbécile moyen saurait faire cela ! » Nous étions terrorisés. Au conseil de classe, mon père, ce héros, représentant les parents d’élèves, lança : « En 6e A, les maths sont peut-être modernes, mais le professeur est un vieux c… » Le lendemain, l’imbécile moyen Mével passait au tableau. Je m’en souviens parfaitement des maths modernes. Mes souvenirs n’ont cependant pas grand-chose à voir avec la façon dont le dossier des Cahiers pédagogiques n° 110, « L’école en proie à la mathématique » aborde la question. En voici deux extraits. Le premier questionne l’introduction de programmes innovants à l’école primaire et évoque des réactions d’enseignants qui diront sans doute quelque chose aux lecteurs d’aujourd’hui. Le second texte est un extrait d’un savoureux Billet du mois où Gilbert Walusinski proclame le caractère subversif des nouvelles mathématiques. Hélas, ce n’était pas mon professeur ! Yannick Mével

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 10 min
Modernes, les maths ?
Démocratie et modernité Démocratie et modernité

Septembre-octobre 1965. À la rentrée, dans les lycées il y a désormais quatre séries générales (A, B, C, D) et quatre séries techniques (E, F, G, H) : adaptation du lycée au gonflement des effectifs qui va bien vite poser le problème de l’orientation, de la « sélection », comme on disait alors. La massification n’est pas synonyme de […]

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 11 min
Démocratie et modernité
Science sans conscience Science sans conscience

Juin 1979. Dans la rubrique « Tribunes Libres » des Cahiers pédagogiques, la présidente de l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP) interpelle le ministre Beullac et le président Giscard sur la suppression de postes de professeur d’École normale et le démantèlement des instituts de recherche sur l’enseignement des maths qui résulte de ces politiques. Elle dénonce les justifications ministérielles « diffamatoires » qui « daubent » sur le temps de service statutaire des enseignants sans répondre aux questions de fond sur la formation des enseignants. Faut-il vraiment prendre au sérieux ce genre d’argumentaire ? Le thème du dossier du mois, « outils manuels, outils conceptuels », interroge la séparation bien française entre enseignement pratique et théorique, entre concret et abstrait, entre oral et écrit, et les hiérarchies qui en découlent. Les articles mettant en cause les clichés qui débouchent sur la dévalorisation des formations manuelles et la survalorisation des formations intellectuelles côtoient dans le dossier des articles qui explorent les articulations superficielles ou indispensables entre les deux. L’article le plus polémique du dossier commence par dénoncer les propos injurieux du député gaulliste Joseph Comiti, qui a posé cette question à ses collègues à l’occasion du débat budgétaire: « Savez-vous ce qu’est un concept incitatif exerçant une influence sociomotrice ? C’est un ballon. » L’auteur de cet article, Jacques André, est alors formateur de professeurs d’EPS (éducation physique et sportive). Il a choisi d’examiner sérieusement la question, en partant de ces « dauberies » politiciennes dont Claude Allègre fera plus tard également ses choux gras en inventant de toutes pièces le concept de « référentiel bondissant », sous prétexte de dénoncer l’intellectualisme des IUFM (instituts universitaires de formation des maitres). Yannick Mével

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 11 min
Science sans conscience
Déconstruire le « handicap » Déconstruire le « handicap »

Février 1981. La campagne électorale pour l’élection présidentielle bat son plein. En attendant, les débats de fond continuent. Le numéro 191 des Cahiers pédagogiques présente deux dossiers indépendants. Le premier s’intitule « Dans nos classes, aujourd’hui, des malentendants, des non-voyants », il est coordonné par Cécile Delannoy. Le second a pour titre « Du contrat thérapeutique au contrat pédagogique », il est coordonné par Jean-Marie Bézard, thérapeute à la Maison du jour, un hôpital de jour dans le cadre du secteur de psychiatrie infanto-juvénile. Le premier dossier interroge et critique la loi de 1975 « gestion des enfants handicapés » dont la pièce maitresse, les « Commissions départementales de l’éducation spéciale », est dénoncée comme un instrument de ségrégation. Le dossier se poursuit avec une série de témoignages d’élèves et d’enseignants qui donnent à réfléchir sur l’intégration scolaire. Le second dossier présente le travail de l’équipe de la Maison du jour et le concept de « contrat », illustré à travers plusieurs récits poignants. Chemin faisant, le dossier interroge à son tour le rôle des institutions, école, hôpital, C.D.E.S. Le lecteur d’aujourd’hui n’est guère choqué de la complémentarité entre ces deux dossiers. Pourtant, leurs publications conjointes est le fruit d’un hasard. En interrogeant ce hasard, dans un dernier article, les deux coordonnateurs questionnent avec force les non-dits, les implicites, les violences de la catégorie « handicap » autant que les choix éditoriaux de la revue. Yannick Mével

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 10 min
Déconstruire le « handicap »
À propos d’Illich, l’art du débat À propos d’Illich, l’art du débat

Décembre 1972. Le ministère Fontanet publie des instructions officielles pour l’enseignement du français à l’école primaire qui feront date, notamment pour le passage sur les « méthodes d’apprentissage de la lecture » qui fixe la doctrine officielle : « Les enfants sont trop différents les uns des autres pour qu’une même méthode soit la meilleure pour tous ; mais pour tous, les pires méthodes sont celles qui découragent le désir de lire ». Ce bon sens apaisant et ce réformisme prudent n’enthousiasment pas les enseignants de la « génération 68 » et encore moins les lecteurs des Cahiers pédagogiques sous le coup de « l’affaire des Cahiers » (rupture du contrat avec l’Institut pédagogique national). Ils préfèrent s’abreuver à la lecture des critiques radicales de l’institution scolaire. Ça tombe bien, le livre d’Ivan Illich, Une société sans école (Deschooling society), paru en France en 1971, connait un grand succès. « A propos d’Illich », titre le dossier du mois. De tous les Cahiers pédagogiques que j’ai lus depuis que je tiens cette rubrique, c’est celui qui fait la plus large place au débat, illustrant ainsi à merveille la fonction des utopies qu’affirme Jacques Vidal dans l’avant-propos : « Il ne s’agit pas d’abandonner à la légère des idées pour lesquelles tant d’hommes se sont battus, mais de les faire descendre de l’empyrée où elles meurent, idoles désincarnées, pour les relancer dans la bataille et leur faire retrouver, peut-être, une nouvelle vigueur. » Voici quelques extraits de ce débat.

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 10 min
À propos d’Illich, l’art du débat
Bientôt sept ans, l’âge des questions ? Bientôt sept ans, l’âge des questions ?

Septembre 1990. C’est la rentrée en 6e. Rentrée pour une septième année de rénovation des collèges et la première sous le signe de la loi d’orientation sur l’éducation (loi Jospin). Bientôt sept ans entre deux réformes, n’est-ce pas le meilleur moment pour se demander ce que le changement change ? C’est l’ambition du dossier des Cahiers […]

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 10 min
Bientôt sept ans, l’âge des questions ?
Du climat des géographes au climat scolaire Du climat des géographes au climat scolaire

Depuis le XIVe siècle, la notion de climat a alimenté diverses théories, amenant parfois à justifier l’injustifiable. En avoir connaissance protège de certains égarements. « Les philosophes de l’Antiquité ont partagé le monde habitable, au nord de l’Équateur, en sept climats, qu’ils indiquent par des lignes imaginaires, d’Occident en Orient, ils assignent à chaque climat une […]

Abonné Publié le 28 août 2022 Par Yannick Mével 9 min
Du climat des géographes au climat scolaire