Citoyen, laisse pas béton !

Décembre 1987. « Tonton, laisse pas béton », proclame Renaud dans Le Matin de Paris, lançant ce que l’on nommera bientôt la « tontonmania ». Cette forme à peine distanciée d’idolâtrie médiatique et politique du président-candidat Mitterrand marque, en France, une nouvelle étape dans la « peopolisation » de la vie politique et la régression de la vie démocratique. « Le retour de l’éducation civique est trop récent et trop modeste pour qu’on puisse en dresser un bilan », écrit au même moment Jacques George dans l’avant-propos du dossier du mois des Cahiers pédagogiques, intitulé « L’éducation civique, c’est l’éducation ». Cette coïncidence ferait presque un programme, que Jacques George exprime ainsi : « Nous prenons l’éducation civique au sérieux. Plus que le ministre ne le fait lui-même. » Et il cite Antoine Prost (dans Les Lieux de mémoire, tome 1) : « La République, ce n’est pas …