Si tu vas à Mycènes

Publié le Lecture : 12 min Par Yannick Mével
L’enseignant, s’il veut susciter l’intérêt, parfois modéré, de ses élèves pour les vieilles pierres, doit savoir user à la fois de science et d’artifice. Parce que faire de l’histoire, c’est tout à la fois rêver, imaginer, dévoiler, révéler.

« Mets-toi devant pour que ma photo soit intéressante. » C’est ce que dit Aline, une de mes élèves de 2de, à sa copine Blandine devant la porte des Lionnes lors d’un voyage scolaire, il y a vingt ans. Trop contente, Blandine a pris la pose. Perçue furtivement, cette scène mit à bas d’un coup la vanité de mon discours de professeur d’histoire qui avait expliqué l’importance du lieu quelques minutes avant. J’aurais voulu qu’elle attende, pour prendre sa photo, qu’il ne passe plus personne, qu’elle vive cet instant comme un face-à-face avec le passé et les mystères de ce qui nous en sépare. Et au lieu de cela, elles s’appropriaient l’endroit et le moment comme un instant de leur vi…

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