Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Les revues de presse > Revue de presse du vendredi 8 novembre


JPEG - 26.3 ko

Revue de presse du vendredi 8 novembre

Accompagner l’innovation - Rythmes scolaires : satisfecit du ministère - Espé : satisfecit du ministère sur fonds de grogne enseignante


Et si on changeait notre façon d’accompagner l’innovation ?

Sur France Info, le chroniqueur Emmanuel Davidenkoff évoque un rapport de l’inspection générale, dont le titre de la rubrique reprend l’idée principale : "pas d’innovation sans rénovation générale". Il y développe en substance l’idée que l’innovation, si l’inspection en constate effectivement l’existence, peine à se déployer, à se développer. D’abord parce que la généralisation d’une expérimentation conduite dans un contexte donné, est souvent difficile, voire impossible à généraliser. Autre difficulté soulignée par Emmanuel Davidenkoff : le rôle des chefs d’établissement. "pour qu’une innovation prenne, il faut un noyau de départ (et non un seul individu), une direction d’établissement qui va aider (emploi du temps aménagé, horaires en barrettes, parfois quelques moyens...), une officialisation dans le cadre du projet d’établissement, un climat apaisé. Mais même " une fois le projet sur les rails, " l’effet d’entraînement " est rarement automatique et le chef d’établissement doit se mobiliser pour faire vivre le projet, en particulier pour convaincre de nouveaux enseignants d’y adhérer". Dernier problème, le plus important : les blocages inhérents au système lui-même (statut des enseignants, cloisonnement disciplinaire et horaire). Et le chroniqueur, comme le rapport, de conclure : " L’innovation ne pourra pas devenir un véritable levier de ce changement tant que la communauté éducative dans son ensemble n’aura pas accepté l’idée d’une rénovation en profondeur des dispositifs traditionnels d’enseignement". Une chronique que l’on complétera par un article du même journaliste, cette fois-ci dans l’Express, à propos de Vicky Colbert, une colombienne qui vient de se voir décerner le prix WISE 2013 (en quelque sorte le prix Nobel de l’éducation). Le propos est simple : "il faut réformer la réforme". En d’autres termes, ce n’est peut-être pas tant au contenu de la réforme du système auquel il faut réfléchir, qu’à la façon concrète de le réformer, plus près des attentes du terrain et des pratiques qui fonctionnent. Car la lauréate du prix WISE 2013 n’a rien révolutionné : elle s’est bornée à œuvrer pour la généralisation des méthodes Montessori, Freinet ou Dewey, et semble bien y être parvenue. Pour faire écho au rapport de l’inspection générale sur l’innovation, voilà donc une méthodologie pour réussir à généraliser des expérimentations.

JPEG - 102.6 ko
Le dessin de Fabien Crégut

Satisfecit du ministère (DGESCO) sur la réforme des rythmes scolaires

A l’heure de boucler cette chronique, Le Nouvel Observateur est l’un des rares grands organes de presse à titrer sur le bilan de la réforme des rythmes scolaires communiqué à l’AFP par le ministère de l’Education nationale. "Rythmes scolaires : réforme sans difficulté dans 93,5 % des communes" se félicite le communiqué de presse. Le ministère y dresse un bilan statistique des communes dans lesquelles des ajustements ont été nécessaires, de celles dans lesquelles la situation reste difficile (très peu, apparemment), et se penche également sur la question de la gratuité des activités périscolaire. Les communes ne sont pas citées, et "Un autre bilan doit encore être publié trois mois après le lancement de la réforme par le comité de suivi de la réforme des rythmes installé par le ministère et qui comporte des représentants des élus, enseignants, parents d’élèves". Rendez-vous, donc, à la mi-décembre si mes calculs sont exacts.


ESPÉ : satisfecit du ministre sur fond de grogne enseignante

Deux articles de La Montagne se croisent quelque peu à l’occasion de la visite du ministre de l’Education nationale dans l’académie de Clermont-Ferrand.
Le premier, "A l’Espé, le ministre a annoncé un regain de vocations enseignantes dans le primaire et le secondaire", relaie la satisfaction de Vincent Peillon devant la réussite exceptionnelle de l’ESPÉ d’Auvergne. La réussite de la réforme de la formation des enseignants est, selon le ministre, un élément majeur pour expliquer ce regain d’intérêt.
L’intérêt des enseignants pour les déplacements ministériels, lui, reste au plus haut. Toujours dans La Montagne, on lira en effet l’accueil réservé au ministre par l’esprit très "irréductible gaulois" des enseignants du lycée professionnel Vercingétorix de Romagnat, promis à la fermeture en 2014. Lire ici : "Les professeurs de Vercingétorix interpellent Vincent Peillon"

Bonne lecture à tous, au plaisir de retrouver demain Philippe Watrelot, pour son légendaire bloc-notes de la semaine !

Lionel Jeanjeau