« Sévère, mais juste »
Quel maitre est capable de s’appliquer les règles de justice qu’il a instaurées ? Ce serait sans doute un premier pas vers moins de colère faisant obstacle aux apprentissages. Dans ce témoignage, nous voyons comment sont mis en actes les outils issus de la pédagogie coopérative et le plaisir d’enseigner qui en résulte.
C’était un vendredi. Ma classe était en sortie « tournoi de rugby interécoles » à la suite de notre cycle rugby. Nathalie, AVS (auxiliaire de vie scolaire) d’un de mes élèves, me fait remarquer qu’un des papas accompagnant une autre école est l’entraineur de foot de nombre de mes élèves. Elle a été surprise de voir comment et avec quelle rapidité ils lui obéissaient. Intrigué, j’ai pris le temps, après le déjeuner, d’aller à sa rencontre et de discuter avec lui. Discussion très cordiale. Je n’ai cependant pas été étonné d’entendre un discours éducatif violent fait de privations et de menaces, qui, dans les dialogues, fonctionne toujours très bien, mais duquel est omise la principale conséquence : l’exclusion. Ainsi, certains enfants se trouvent-ils exclus du prochain match, ou de l’entrainement, pour telle ou telle raison sans apparente relation avec la sanction. C’est pourquoi lorsqu’il m’a affirmé avec aplomb que les enfants, pour les élever, il fallait être sévère avec eux, je me suis empressé d’ajouter : « Sévère mais juste. Les enfants sont sensibles à l’injustice et à la justice. »
Qu’est-ce qui fait que dans ma classe règne un grand respect des personnes sans que je n’utilise …