Une valse mathématique entre individu et collectif
La coopération, c’est aussi une alternance de temps collectifs et de temps de travail individualisés avec aide, entraide et tutorat. Ces deux temps se différencient, visant l’un et l’autre des objectifs d’apprentissage qui leur sont propres mais également complémentaires.Dans les années quatre-vingt, Philippe Meirieu opposait déjà la pédagogie du problème à la « pédagogie de la réponse à des questions que l’on ne se pose pas ». N’ayant pas oublié mon propre questionnement en tant qu’élève sur l’intérêt de certains enseignements, j’ai choisi les situations problèmes pour introduire de nouveaux concepts avec les élèves.
Par exemple, les élèves croient tous maitriser la notion de nombre décimal. Mais si on leur demande : « à l’aide de la bande unité distribuée, trace un segment mesurant 1,6 unités », on constate qu’ils vont produire des représentations bien distinctes les unes des autres.
La première étape est réalisée avec succès : tous les élèves ont osé rentrer dans la tâche. Ils savent en fait que le but n’est pas de trouver la solution, mais de rencontrer un obstacle pour que tous prennent conscience d’un savoir manquant. Les élèves habitués à se cacher derrière des stratégies d’évitement finissent par moins redouter la phase de déstabilisation émotionnelle, provoquée inévitablement par la recherche d’une situation problème.
C’est quand même plus facile de moins redouter le sentiment d’incompétenc…