Quand le désir d’apprendre est en berne
DÉSIR. Paradoxalement, la chance inouïe de démocratisation du savoir offerte par l’école française ne s’accompagne pas nécessairement d’une forte motivation des élèves. À contrario, les jeunes migrants mineurs sont avides d’école. De même, certains élèves en distanciel durant le confinement ont retrouvé gout à l’apprentissage. Cela peut nous dire quelque chose de la (dé)motivation, et nous questionner sur les pratiques pédagogiques pour y faire face.
Marc enseigne en collège la chimie : « J ’adore voir les yeux des élèves pétiller quand ils observent des réactions chimiques. » Par-dessus tout, il cherche à accrocher l’intérêt de ses élèves et n’hésite pas à « les mettre en scène avec blouses, lunettes et gants ». S’il doit souvent resolliciter Amadou, peu attentif et trop rêveur, Léda, enseignante de français, doit, elle, gérer l’agitation d’Elik, « très envahissant » : « Ça m’agaçait qu’il me demande tout le temps d’être hyperdisponible. » Elik déborde de la place qui lui est assignée par l’institution. Plus que du savoir, c’est de l’attention de son enseignante dont il aurait besoin, signe d’une motivation précaire.
Les enseignants constatent de nombreux signes de démotivation face à l’apprentissage à l’école, alors même …