Le vide d’école
À partir de son travail clinique auprès des jeunes en difficultés d’apprentissages, une psychologue clinicienne questionne le décrochage. De quels « désordres » interne, externe témoignent donc ces adolescents qui font parler d’eux ?
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La façon dont ces jeunes s’absentent de l’école pour mieux s’en détacher traduit une réalité hétérogène : des corps présents sans mobilisation cognitive, des absences par intermittence qui annoncent un départ en douceur, des élèves en attente d’une place dans un dispositif ou un centre, des exclusions ou des mises à l’écart, à l’intérieur comme à l’extérieur des murs, des refus d’affectation, etc. À travers les discours recueillis auprès des élèves, les chercheurs identifient davantage un vide d’école, une place que ces jeunes ne savent ou ne peuvent pas (ou plus) occuper, qu’un refus d’école.
Que se passe-t-il donc chez un adolescent qui se déscolarise volontairement, en particulier concernant son rapport au monde et la façon dont il entre dans un nouveau regard sur lui-même ?
Gaël, quatorze ans, élève de 4e, reçu avec ses parents en entretien à la suite d’un épisode plus aigu alors même qu’un processus de décrochage scolaire est déjà engagé, nous a amenés à y réfléchir avec lui.
« Ne me touchez pas, surtout ! Ne vous approchez pas de moi, vous n’existez plus pour moi ! ». C’est …