Freinet : aussi au collège !
Est-ce qu’une pédagogie alternative, comme la pédagogie Freinet, convient aux plus défavorisés ? Inspirées par une expérimentation réussie menée dans le primaire, deux enseignantes de collège nous présentent leur expérience : fonctionnement et effets d’une telle pédagogie en milieu populaire.
Le collège Rabelais se trouve dans la banlieue de Lille, dans « les quartiers », comme on dit à la télé, et en REP+ (réseau d’éducation prioritaire renforcé), comme on dit dans l’Éducation nationale. Lorsque nous démarrons le projet, le collège accueille 379 élèves dont 82 % issus de milieux défavorisés. 35 % des familles vivent en dessous du seuil de pauvreté. Tous ses indicateurs académiques sont au rouge : le taux de réussite au brevet est de 65 % (17 % en dessous de la moyenne nationale), le taux de passage en 2de générale est de 41 % et, enfin, 42 % des élèves arrivent en 6e avec un retard scolaire, alors que la moyenne est de 17 %.
Pour autant, travailler en classe est agréable : ni violence ni incivilités. Viviane et moi travaillons souvent ensemble autour de projets réunissant nos deux matières, les maths et le français, autour d’activités : exposition, architecture, écriture automatique, jeux mathématiques, etc.
Et pourtant, nous ne sommes pas satisfaites. Il manque un sens à ce q…