En prison, pouvoir décider d’apprendre

Publié le Lecture : 14 min

Couverture du numéro 598, « Remobilisés ! »

En prison, on vient souvent aux heures d’enseignement pour s’occuper la tête et échapper au quotidien… Parfois, cela va plus loin et des dispositifs adaptés permettent de vrais projets d’apprentissage. Mais rien n’est jamais gagné, et les enseignants doivent mettre en œuvre des compétences particulières.

Singularité du système scolaire, l’enseignement en milieu pénitentiaire s’adresse principalement à des élèves adultes, qui représentent 99,1 % de la population pénale incarcérée. Dans chaque prison de France est installée une unité locale d’enseignement (ULE), avec un ou plusieurs professeurs du premier et du second degrés, titulaires de l’Éducation nationale. Ces ULE accueillent environ 25 % de la population carcérale majeure chaque année.

Les élèves accueillis constituent un public très hétérogène en âges, niveaux scolaires ou encore projets de vie. Dans leur grande majorité de sexe masculin, ils gardent la plupart du temps la trace d’un vécu douloureux avec l’école. Leur engagement dans l’ULE participe à préserver voire à valoriser une estime de soi dans plusieurs dimensions souvent combinées, le sentiment de compétence (valider un diplôme, par exemple), celui de pouvoir assumer un rôle social (accompagner son enfant dans ses devoirs une fois libéré, par exemple), ou plus…

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