Ceci n’est pas « une » pomme
La pratique courante qui consiste à enseigner la comptine des noms de nombres ne garantit pas l’accès au sens du nombre. Une autre approche est proposée ici.Faire découvrir le nombre aux élèves de l’école maternelle, c’est les faire entrer dans l’abstraction. Les nombres entiers dits naturels sont définis de manière théorique, axiomatique, et ne doivent pas se confondre avec leurs désignations (noms de nombres, désignations chiffrées).
Une collègue rapportait récemment avoir vu une professeure dire à un élève : « Ramasse la pomme ! » L’élève a cherché la pomme et n’a rien ramassé. L’enseignante de cycle 1 souhaitait que l’élève ramasse un dessin d’une pomme. Si la professeure commettait un abus de langage, l’enfant, lui, ne confondait pas l’objet et une de ses désignations verbales, tout comme il ne confond pas l’étiquette portant le prénom d’un camarade de classe avec ce même camarade de classe en chair et en os.
Cela conduit à réfléchir à la construction du nombre en cycle 1. Le mot pomme, désignant un concept abstrait (les caractéristiques communes à toutes les pommes), a des représentants très concrets, cette pomme que l’on peut déguster, à la différence des nombres. Nombreuses sont les personnes qui ont déjà vu ou, mieux, savouré une pomme. Personne n’a jamais vu de nombre et n’en verra jamais. Il y a là une différence fondamentale inhérente à la nature même des objets à enseigner. Le concept de nombre, à l’issue de l’école …