Avec quel corps j’enseigne ?
Le corps, premier outil de l’enseignant ? Un point sur la question.C’est parfois quand le corps devient douloureux ou défaille que nous prenons conscience que nous travaillons avec. Mon corps qui défaille, ce peut être ma voix qui s’enroue un beau matin ou qui s’éteint alors que je cherche à appeler un élève qui s’éloigne, c’est mon dos qui se coince à force de me pencher au-dessus de tables trop basses, c’est mon épaule qui se révèle douloureuse quand il me faut accrocher une affiche ou attraper les pots de peinture mis hors de portée des élèves.
Mon corps au travail, c’est aussi la gestuelle, le regard, les expressions faciales, les postures que j’adopte pour incarner, pour « faire passer » mon enseignement. Quand je lis un album aux élèves, je cherche à capter leur attention en théâtralisant ma lecture : je rythme mon propos, varie les silences, change ma voix, je grimace, écarquille les yeux, souris ou fais la moue.
Il en est de même, parfois, quand je lance une consigne : « Les élèves qui utilisent les ciseaux ! Attention ! (Je prends une grosse voix.) Vous n’êtes autorisés à couper que le papier (je mime) qui est sur la table. Celui que je vois couper autre chose, comme la table (je pointe et fais non du doigt), son pantalon, le pull du voisin, les cheveux d…