Suffit-il de changer le nom d’un collège pour changer le collège ?
Les mères du Petit-Bard (quartier de Montpellier) se sont fait connaitre par leur mobilisation pour plus de mixité sociale (« davantage de petits blonds », selon leurs propos) dans le collège de leurs enfants. Ministère et rectorat développent de leur côté des stratégies pour rendre le collège « plus attractif » : création d’une section internationale, d’une section rugby, d’une filière « arts de la scène ». Enfin, la ministre Najat Vallaud-Belkacem est venue rebaptiser l’établissement, ex-Las Cazes, du nom de Simone-Veil, le 2 décembre 2016. Pour quel résultat ?Geneviève est professeure de langues dans l’établissement depuis quatre ans et Adrien professeur de lettres depuis six ans. Leurs prénoms ont été modifiés, même s’il est facile de les reconnaitre. Ils n’expriment que leur opinion personnelle.
Nous commençons par le problème de l’absence de mixité mis en avant par les médias, et Geneviève s’en empare pour affirmer que, sur un plan pédagogique, ce n’est pas l’absence de mixité qui pose problème, même si, pour elle, l’école doit être le reflet de la société, ce qui n’est pas le cas de ce collège. « Cela ne change rien, car on peut mettre en place les mêmes choses. Qu’il y ait 98 % d’élèves d’une certaine origine, en langues, ça ne change pas grand-chose. Au contraire, ils savent mieux rouler les “r”, faire la “jota” en espagnol ! C’est bien un problème social mais p…