L’espoir d’apprendre

Publié le Lecture : 14 min
L’auteure s’intéresse au rapport au savoir et à l’école des mineurs non accompagnés. Dans le cadre d’un cours d’alphabétisation dispensé par des bénévoles à Toulouse, elle rencontre Martinez, qui accepte de répondre à ses questions.

Martinez a 17 ans. Il a choisi ce pseudonyme en souvenir de son surnom, enfant, au football. Il a quitté la république Centrafricaine il y a deux ans et demi, est passé par le Maroc puis l’Espagne pour arriver en France il y a exactement trois mois et deux semaines, d’abord à Bordeaux puis à Toulouse. Ici il n’est pas scolarisé, parce qu’il a plus de 16 ans et parce que cela requiert un niveau scolaire minimum. Pourtant c’est son souhait : « J’aimerais bien qu’on me donne cette chance d’aller apprendre, aller à l’école encore, ouais. »

Martinez a suivi une scolarité jusqu’en CM2, il parle sango et un peu français en RCA. Mais il ressent la nécessité de mieux maitriser cette langue, « parce que je parle pas bien ». Depuis son arrivée ici, son immersion linguistique a amélioré son niveau. Il travaille son français : la conjugaison, l’écriture attachée, lire en suivant la ponctuation, et aussi les mathématiques : les tables de multiplicati…

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