Les classes sans notes : quel bilan ?

En 2011, lors des premières expérimentations des classes sans notes, Luc Chatel, alors ministre de l’Éducation nationale, s’est opposé à l’abandon des notes. Luc Ferry a partagé la même réprobation : « Ce n’est pas une bonne idée de supprimer les notes […]. C’est absolument indispensable d’avoir des points de repère[…] . Casser le thermomètre ne sert absolument à rien. » (RTL, octobre 2012). En 2014, Luc Ferry condamne aussi « l’idéologie gentillette selon laquelle les notes chiffrées seraient traumatisantes pour les enfants ».
Ces affirmations ministérielles, parfois reprises par certains acteurs de l’institution scolaire, manifestent une méconnaissance de l’expérience subjective des élèves et professeurs engagés dans l’expérimentation des classes sans notes et, aussi, une ignorance des centaines de recherches réalisées sur les processus d’apprentissage et les différentes modalités d’évaluation des compétences scolaires. Ces réprobations n’ont d’ailleurs pas dissuadé les professeurs et les chefs d’établissement. En 2017, respectivement 85 %, 8,2 % et 3,4 % des professeurs stagiaires en poste en écoles primaires, collèg…