Le « I » de EMI
L’auteure nous explique, dans le contexte actuel, la nécessité de développer particulièrement l’éducation à l’information. Ce faisant, elle nous montre aussi pourquoi l’EMI ne peut se réduire au numérique.
L’EMI (éducation aux médias et à l’information) est souvent traduit en raccourci par l’éducation aux médias, mais rarement par l’éducation à l’information. Or, c’est précisément ce dernier mot, une des composantes essentielles de l’éducation aux médias et à l’information, qui va faire l’objet du présent article. Ce terme sert à qualifier depuis des décennies la société contemporaine. Cela fait longtemps que la profusion d’informations, dans laquelle tout citoyen serait baigné, constitue la société de l’information. Le phénomène s’accentue à chaque évolution des techniques de communication, s’accélère encore depuis la fin du siècle dernier. Le progrès technique n’étant, par nature, pas près de ralentir, l’inflation informationnelle prend de telles dimensions que le vocable « information » devient, semble-t-il, impropre à rendre compte de la réalité et est remplacé depuis quelque temps dans les discours institutionnels, médiatiques et sociaux par le numérique.
L’introduction de l’EMI dans la loi de refondation pour l’école de la République est révélatrice du constat paradoxal d’individus ayant, d’une part, un accès toujours plus immédiat et direct à l’information…