Dialogue : Un flou qui questionne
Deux praticiennes de la coopération dialoguent pour accéder à la complexité pédagogique que génère l’organisation de la coopération en classe. Une friction qui fait jaillir les étincelles des dilemmes professionnels, nous montrent Céline Cael, enseignante de SES au lycée Jacques-Feyder et Cécile Morzadec, enseignante d’espagnol dans le Val-d’Oise.Céline Cael : C’est une question quotidienne dans ma pratique. Un exemple : au début de ma carrière, j’avais à cœur que les élèves lisent des ouvrages en lien avec ma discipline, mais je me suis vite rendu compte qu’ils abandonnaient rapidement la lecture. Désormais, j’utilise le groupe classe pour diviser cette lecture, notamment grâce à des techniques d’arpentage. Les élèves ont une dizaine de pages à lire plutôt que 300 et partagent ensuite les idées principales de leur lecture. Ainsi, à eux tous, ils prennent connaissance d’un ouvrage complet alors qu’ils n’ont lu qu’une dizaine de pages. Le taux d’abandon est beaucoup plus faible, voire inexistant.
Cécile Morzadec : Je rejoins Céline sur cette idée que la coopération permet de faire équipe, de se responsabiliser pour se partager une tâche, s’entendre sur un objectif à atteindre ensemble. Mais faire en sorte que chacun se sente responsable et solidaire des autres, ce n’est pas quelque chose qui s’improvise ! On reproche sou…