Tous les continents dans une classe
Les classes d’accueil ne regroupent que des élèves arrivés récemment en France, et donc ayant beaucoup à apprendre de la langue, et du reste. Ça n’en fait pas pour autant des classes homogènes, et il y faut beaucoup de savoir-faire pédagogique pour gérer les différences.
« Mboté, rangez-vous por favor ! Choukrane. Et Jetzt, on monte in the classroom en silence ! » Aujourd’hui, bienvenue à Fanny ! Cette Ivoirienne de 15 ans, locutrice de la langue dioula, a suivi l’école primaire trois années avant d’être déscolarisée pour raison familiale. Comme elle, de nouveaux collégiens arrivent tout au long de l’année.
Le mois dernier : Abdou, un long adolescent peul, découvrait pour la première fois école, cahiers, tableau, craie. Le tableau noir côté gauche lui est réservé, les mots y sont dessinés en lettres bâtons pour l’instant. Cheik, son petit frère, sait déchiffrer ; il se repère sur le tableau central où l’écriture cursive s’entremêle de quelques dessins naïfs pour francophones néophytes. Fanny s’assoit à côté d’Ana qui, quoique peu lettrée et peu francophone encore, lui explique la consigne dans un français approximatif mâtiné de roumain. Les voilà toutes deux au premier rang car, comme le remarquait Karine Millon-Fauré, il est « autrement plus diffici…